croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Hôpital : nouvelle polémique

Le décès d'un nourrisson, vendredi à l'hôpital Necker (Paris), après une erreur de réglage de perfusion, relance la polémique sur le manque de moyens dans les hôpitaux. Ce nouvel accident survient moins de deux semaines après la mort d'un petit garçon de 3 ans, le 24 décembre, à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Paris), après qu'on lui ait administré un produit par erreur. "Il y a eu, à l'évidence, une série de dysfonctionnements au cours de l'acheminement du chlorure de magnésium", reconnaît dans Le Figaro (page 8) Vincent-Nicolas Delpech, directeur de l'Agence générale des équipements et produits de santé (Ageps). Ce décès et la mort d'un patient cardiaque de 57 ans, le 28 décembre, après une longue recherche d'un lit en réanimation, ont alimenté la polémique, même si ces trois accidents ne sont pas dus à la même cause.

"L'hôpital a les moyens de fonctionner", mais "il a besoin d'une meilleure organisation", a affirmé, hier, le ministre du Budget, Eric Woerth, sur Europe 1.

Ce n'est pas l'avis du président du Syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers. "Contrairement à ce que disent actuellement les politiques, il y a bel et bien un problème de moyens. Tout le monde le sait et peut constater les délais d'attente aux urgences, les services débordent", estime Jean-Louis Chabernaud, dans Le Journal du dimanche (page 10).

Egalement interviewée dans Le Journal du dimanche (page 11), la ministre de la Santé réfute tout manque de moyens : "Il n'y a pas de pénurie de lits de réanimation !", affirme Roselyne Bachelot. "La France est le pays qui dépense le plus pour son hôpital par habitant. Cette année encore, nous augmentons nos dépenses de santé hospitalière de 3,1%, ce qui représente un effort tout à fait considérable dans la situation économique actuelle", explique-t-elle. La ministre annonce la tenue "dès la mi-janvier" d'une réunion "de retour d'expérience sur la permanence des soins", avec les syndicats de médecins et les représentants du Samu.

"Ces incidents graves ne doivent plus être cachés", estime pour sa part, Alain-Michel Ceretti, conseiller santé du médiateur de la République, dans un entretien à Libération (page 15). "Rien ne se passera s'il n'y a pas un véritable changement de mentalité des professionnels de santé. On vit encore trop dans une culture du secret", ajoute-t-il.

Hausse des cotisations : Jean-Pierre Davant dénonce la politique du "sapeur Camember"
Les mutuelles augmenteront cette année, annonce Le Parisien/Aujourd'hui de samedi (page 6). "De +3,5% à +4%" pour les mutuelles", estime le président de la Mutualité française dans L'Humanité du 31 décembre. Cette hausse s'explique à la fois par l'évolution des dépenses de santé et par la taxe de 1 milliard d'euros imposée aux complémentaires, a expliqué le 30 décembre sur RMC le directeur général de la Mutualité française, Daniel Lenoir.

"Cette taxe relève de la responsabilité du gouvernement qui cherche à réduire le déficit de la Sécu en appliquant la politique du sapeur Camember", a déploré, le 30 décembre Jean-Pierre Davant au micro de RTL. "Si elle avait été exceptionnelle, nous aurions pu ne pas la répercuter sur les cotisations car nous sommes conscients de la dégradation du pouvoir d'achat de nos adhérents. Mais le gouvernement et sa majorité ne nous ont pas entendus", a-t-il poursuivi. Des propos également développés dans le quotidien régional Sud-Ouest du 31 décembre. "Dans la mesure où elle est pérenne, nous allons être obligés de la répercuter car nous n'avons pas de caisse d'amortissement", a renchéri Daniel Lenoir sur le site Rue89.com.

Sur RTL, Jean-Pierre Davant a rappelé la nécessité de mieux réguler les dépenses de santé, qui sont en augmentation constante. Pour l'heure, c'est plutôt la politique des transferts de charge qui prévaut. "Que ce soit sur les médicaments ou le forfait de 18 euros à l'hôpital, les pouvoirs publics ont tendance à déporter des charges sur les mutuelles." Et comme l'a fait remarquer Daniel Lenoir sur BFM, celles des mutuelles "ont plus augmenté plus vite que celles de l'assurance maladie".

En matière de financement comme d'organisation, le système de santé nécessite de véritables réformes. Les drames survenus récemment à l'hôpital les rendent urgentes. "Ce n'est pas à l'hôpital de tout faire et de le faire mal", dénonce Jean-Pierre Davant dans Sud-Ouest, outré que les gouvernements successifs "manquent de courage et cèdent aux différents lobbies". "Qu'attend-on pour créer des pôles de santé dans lesquels les médecins libéraux prendraient leur part de soins d'urgences ?", s'interroge-t-il.

John Sutton