Hôpital : la Mutualité dénonce les dépassements d’honoraires

Qu'importe si les tarifs hospi­taliers augmentent, les complémentaires santé doivent prendre en charge les dépassements. C'est à peu près l'idée exprimée lundi par le ministre de la Santé devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). Pour Xavier Bertrand, rapporte Le Figaro (page 18), l'hôpital reste donc accessible à tout le monde, et avant de soigner, estime-t-il, "on vérifie sa carte Vitale, pas sa carte Gold !".

Invité hier par l'Ajis, le président de la Mutualité Française a fait part de son inquiétude sur plusieurs points, notamment sur l'accès à l'hôpital public. Pour Etienne Caniard, les dépassements d'honoraire "servent de coupe-file" et sont "un sujet majeur, moins en nombre de praticiens qu'en montant". "C'est inadmissible !", estime-t-il. Aussi demande-t-il à ce que l'on arrête ce "dérapage, sinon les problèmes d'accès aux soins se multiplieront".

Si le forfait hospitalier et le ticket modérateur sont couverts par la majorité des contrats, seules les garanties haut de gamme prennent en charge les dépassements. "Ces contrats sont surtout collectifs, financés en partie par les entreprises et leurs salariés", observe Le Figaro. En raison de la crise cependant, de plus en plus d'entre elles proposent des complémentaires moins généreuses, poursuit le quotidien.

Autre sujet évoqué devant l'Ajis : la dépendance. Pour Etienne Caniard, la "piste la plus sérieuse" et qui "aurait du sens" pour financer le socle public universel serait de taxer davantage les successions, rapportent Les Echos (page 6). "Il y a aujourd'hui une détaxation quasi-totale de la transmission du patrimoine. Et les sommes à mobiliser ne sont pas considérables", fait-il valoir.

Plus globalement, le président de la Mutualité Française plaide pour que la réforme ne "se focalise pas uniquement sur la solvabilisation des assurés". Il faut en revanche mobiliser de nouvelles offres de services pour répondre aux besoins, surtout en veillant "à une meilleure articulation des soins et de la prise en charge de la dépendance".

Deux molécules pour une même maladie
Une étude publiée dans la revue The New England Journal of Medecine vient de confirmer l'efficacité de deux molécules contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), pathologie qui affecte les cellules centrales de la rétine. La première, spécialement consacrée à la forme "humide" de la maladie est autorisée depuis 2007 et est produite par Novartis, indique Le Figaro (page 11). Son nom : le Lucentis® (ranibizumab). Son coût : 1 200 euros la dose.

Une autre molécule, produite par le laboratoire Roche, habituellement prescrite contre le cancer du côlon, pré­sente les mêmes effets : l'Avastin® (bevacizumab) Son prix s'élève à 30 euros. Dès lors, un certain nombre de questions se posent, en écho au scandale du Mediator® : peut-on détourner sans autorisation officielle un produit de son rôle initial pour un autre usage ? Est-il éthique que l'assurance maladie continue à rembourser avec les cotisations sociales le produit le plus cher ?

Relaxe dans le procès des hormones de croissance
Les deux scientifiques impliqués dans le scandale de l'hormone de croissance ont été relaxés hier, annonce Libération (page 16). Le Pr Fernand Dray, qui di­rigeait dans les années 1980 l'Institut Pasteur et était responsable de l'extraction de l'hormone sur des cadavres, ainsi que la Dre Elisabeth Mugnier, alors chargée de la collecte des hypophyses dans les morgues des hôpitaux, n'ont pas été reconnus responsables de la mort des 120 enfants décédés entre 1985 et 2009, victimes de la maladie de Creutzfeld-Jakob après avoir reçu de l'hormone contaminée.

Pour l'association qui représente les victimes, "c'est une page noire de la justice. On attendait au moins une reconnaissance de culpabilité", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 13),
Frédéric Lavignette