Hôpital : baisse des effectifs

Alors que Nicolas Sarkozy présente aujourd'hui ses voeux aux personnels de santé, lors d'un déplacement au centre hospitalier Saint-Jean de Perpignan, "les hôpitaux sont à un tournant de leur histoire", estiment Les Echos (page 4).

L'an dernier, pour la première fois depuis au moins dix ans, l'effectif permanent a reculé : 1.800 postes de moins parmi les soignants - les infirmières par exemple, mais pas les médecins - et les non-soignants, selon les chiffres récemment annoncés par Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF).

"Certes, souligne le quotidien économique, ce chiffre est à prendre avec des pincettes : 1.800 emplois, cela ne représente que 0,2% de l'effectif total." De plus, il peut cacher un recours plus fréquent à des entreprises sous-traitantes, notamment pour les services de blanchisserie ou de restauration.

"Entre 2008 et 2015, il va y avoir 220.000 départs à la retraite. Si on veut faire des actions d'optimisation tout en préservant la qualité des soins, c'est maintenant qu'il faut le faire", déclarait Raymond Soubie en novembre lors de la conférence santé des Echos. L'AP-HP prévoit de supprimer un millier de postes cette année et encore plus en 2011 et 2012.

"Le seul moyen de rester dans les limites des enveloppes qui nous sont accordées consiste à réduire l'emploi", insistait pour sa part Gérard Vincent devant la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale, le mois dernier (Mecss). "Cette question est moins taboue qu'elle ne l'était voilà encore quelques années", affirmait-il.

Mais le gouvernement "marche sur des oeufs", car "la situation est tendue sur tous les fronts", observent Les Echos. Les syndicats de médecins demandent la modification de projets de décret de la loi HPST, qui pour la plupart ne sont pas encore parus.

De nombreux chefs de service des hôpitaux parisiens dénoncent, de leur côté, un manque de personnel entraînant une altération de la qualité des soins dans leurs services. Le climat dégradé dans les hôpitaux semble confirmé par les plaintes dont est saisi le pôle santé du médiateur de la République. "C'est une vieille dame ou­bliée pendant des heures, sans couver­ture, sur un brancard des urgences. Un patient dont la douleur a été minimisée, voire moquée", des médecins et des infirmières victimes de violences de la part de malades, mentionne Le Figaro (page 10). La Haute Autorité de santé (HAS), précise le quotidien, vient d'introduire la "bienveil­lance" comme critère de certification des hôpitaux et des cliniques.

Le boom des maisons de retraite médicalisées
Le secteur est en pleine expansion. Sa cible, les retraités qui deviennent dépendants vers 85 ans, "explose" grâce aux papys booms consécutifs aux babys booms qui ont suivi les deux guerres mondiales, souligne Le Figaro-économie (page 18). Le nombre de personnes très âgées doublera d'ici à 2015. Il manque déjà près de 40.000 chambres et 15 % des places existantes nécessitent une profonde restructuration. Les secteurs public et associatif ont du mal à faire face au coût élevé des mises aux normes.

"Le secteur privé commercial a davantage de moyens pour financer les constructions et les réno­vations de maisons de retraite", selon Sonia Papillon, analyste chez Bourse Portzamparc. Il ne s'en prive pas et ra­chète à tout va des maisons de retraite indépendantes. Chez le numéro un français du secteur, Orpea, 30% des chambres sont en travaux. Le "chiffre d'affaires continuera à progresser, comme ces dernières années, de 7 à 10% par an", estime Jean-Christophe Briant, du cabinet Precepta, auteur d'une étude sur ce secteur, parue en décembre.
John Sutton