Hausse des retraites complémentaires : le désaccord entre syndicats et patronat

Au 1er avril, il n'est pas sûr que les 11 millions de retraités du privé voient leur retraite complémentaire augmenter proportionnellement à l'inflation. En effet, signalent Les Echos (page 3), les partenaires sociaux et le patronat ne parviennent pas à s'entendre sur l'application d'une règle concernant l'Agirc (cadres) et l'Arrco (tous les salariés) négociée il y a un an.

Selon cette règle, les pensions doivent être revalorisées en fonction de la hausse des prix. Pour le mois prochain, les retraites devraient donc gagner + 2,25%. Or, indique Eric Aubin, en charge des retraites à la CGT, "le Medef refuse de tenir compte d'un rattrapage au titre de l'inflation constatée l'an dernier, qui a été plus forte que prévu". Par conséquent, calculent Les Echos, "sans ce rattrapage, les pensions n'augmenteraient que de 1,56 %".

Pour le Medef, une telle revalorisation n'est pas opportune. En effet, "la situation financière des régimes ne cesse de se dégrader", affirme le syndicat patronal, qui fait valoir que les réserves de l'Agirc-Arrco ont baissé de plus de 5 milliards en un an pour atteindre 52,7 milliards à la fin 2011. D'ici à la fin 2013, elles pourraient même se réduire de 9,7 milliards. Pour le patronat, un rattrapage de l'inflation porterait le coût de la revalorisation à 370 millions d'euros.

Selon le journal économique, "il serait étonnant" qu'aucune entente ne puisse être établie entre les parties d'ici au 20 mars. D'autant que de leur côté, "les pensions de base du privé (Cnav), elles, seront bien relevées en tenant compte du surplus d'inflation de 2011, le 1er avril". Pourquoi, dans ce cas, l'Agirc-Arrco ne bénéficierait pas de cette revalorisation ? A la veille de l'élection présidentielle, font remarquer Les Echos, un tel déséquilibre entre les pensions de bases et les complémentaires serait mal venu.

Panorama des dépenses sociales des départements
En 2010, les dépenses sociales des départements ont passé le cap des 30 milliards d'euros (28,8 milliards pour la Métropole et 1,5 milliard pour les départements et territoires d'outre-mer). C'est l'une des données qui ressort d'une étude publiée hier par la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees), notent Les Echos (page 5).

Selon le quotidien, ce montant représente "60 % des dépenses de fonctionnements des départements et a augmenté de 16 % entre 2006 et 2010". La Vendée, le Var et la Haute-Corse sont les départements où la hausse a été la plus élevée. A contrario, le Nord, le Pas-de-Calais et les Alpes-Maritimes ont diminué leurs dépenses.

Dans le détail, les dépenses des départements sont d'abord consacrées au RMI-RSA. En 2010, elles s'élevaient à 7,4 milliards d'euros (+ 10,7 % par rapport à 2009) et concernaient 1,34 million de bénéficiaires. S'ensuit, avec 6,5 milliards d'euros (+ 1,3 % par rapport à 2009,) l'aide aux personnes âgées dont le nombre s'élève à 1,3 million, la moitié des prestataires vivant dans des maisons de re­traite. Concernant les aides sociales aux personnes en situation de handicap, elles ont, en moyenne, progressé de 5,7 %. Depuis la mise en place de la loi handicap en 2005, elles ont crû de 30 %.

Maintenant, s'interrogent Les Echos, "les départements pourront-ils faire face à ces hausses dans la durée alors que les dotations budgétaires sont gelées pour 2011, 2012 et 2013 ?". Alors que l'Etat couvrait 70 % des allocations de solidarité en 2004, il n'en assure plus que 59 % en 2010.

Selon l'Association des départements de France qui a établi ces données, les départements ont donc perdu une bonne partie de leur autonomie fiscale sans compter que les critères d'attribution des aides sont fixés par le gouvernement.
Frédéric Lavignette