Haro sur le tabac et les fumeurs

Rien n'y fait : les Français continuent de fumer. Pire, notent Les Echos (page 4), la consommation est repartie à la hausse depuis 2007. De fait, avec 29% de fumeurs, la France se place au premier rang européen des consommateurs de tabac, loin devant l'Allemagne ou le Royaume-Uni.

Face à ce constat qui traduit bien l'inefficacité des mesures prises jusqu'alors, le ministre de la Santé a demandé au rapporteur général du Budget, Yves Bur, de lui "faire des propositions pour une nouvelle politique de lutte contre le tabac".

Ce rapport vient d'être remis à Xavier Bertrand et il "devrait faire du bruit". En effet, selon Yves Bur, député (UMP) du Bas-Rhin, "rien de sérieux n'a été fait depuis la hausse massive des taxes sur les cigarettes en 2002 et 2003", rapporte le quotidien économique. Certes, l'interdiction de fumer dans les lieux publics en 2007 est une bonne initiative, mais elle reste insuffisante.

Ce document préconise d'étendre cette interdiction aux plages, aux jardins publics, voire aux véhicules privés lorsqu'un enfant s'y trouve. Afin de vérifier si l'interdiction de vente aux mineurs est bien appliquée, il suggère également de renforcer les contrôles dans les bureaux de tabac.

L'intervention la plus dissuasive, estime Yves Bur qui rejoint sur ce point les associations antitabac, est l'augmentation du prix des cigarettes. Par conséquent, "le député propose d'imposer des hausses de prix annuelles de 10% pendant trois ans aux industriels", signale Le Parisien/Aujourd'hui (page 13). "En cas de refus de leur part, l'Etat alourdirait la fiscalité pour arriver à ce résultat", poursuit le journal. Dès lors, le paquet de cigarettes pourrait bientôt passer à 7,50 euros.

Par ailleurs, Yves Bur envisage de "frapper les cigarettiers au porte-monnaie", poursuit le journal. Puisque le tabac rapporte moins aux pouvoirs publics qu'il ne leur coûte (11 milliards d'euros de recettes annuelles contre 18 milliards d'euros de soins médicaux), il suggère d'instaurer une taxe sur le chiffre d'affaires des fabricants.

Autre proposition : la création du paquet de cigarettes neutre. A savoir, aucun logo ne serait visible et les "images chocs" prendraient une place plus importante qu'aujourd'hui. Dans le même élan, il souhaite revoir le statut des buralistes pour que leur rémunération ne dépende plus des ventes de tabac. Pour la vente d'un paquet, ceux-ci reçoivent en effet 6,9% de son prix, donc, "plus ils en écoulent, plus ils touchent". En huit ans, estime le rapport, les buralistes ont augmenté leur chiffre d'affaires, tout en recevant de l'Etat 130 millions d'euros d'aides.

Un infarctus qui ne s'annonce pas
Les résultats de cette enquête peuvent surprendre pourtant "elle résulte d'un registre d'envergure qui regroupe les données d'environ 1.500 hôpitaux", prévient Le Figaro (page 11). En effet, selon une étude publiée par le Journal of the American Medical Association, 35% des patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde n'ont pas eu de symptômes thoraciques. D'ordinaire, rapporte le quotidien, le signe typique de l'infarctus est une douleur en étau dans la poitrine, laquelle "doit immédiatement inciter à alerter les secours".

D'après le Dr David Decroix, cardiologue à Avignon, il existe de nombreuses formes atypiques de l'infarctus : "On peut avoir mal au ventre ou à l'estomac, d'autres fois ce sont des douleurs dans le dos, dans les épaules, dans le cou. Un essoufflement inhabituel, pour des efforts de la vie quotidienne, peut aussi être un signe d'infarctus. Et parfois, il n'y a aucun symptôme." D'où la nécessité de certains examens tels qu'un électrocardiogramme ou éventuellement des dosages d'enzymes dans le sang pour identifier les risques. Toutefois, indique l'étude, la gêne thoracique est le signe d'infarctus du myocarde le plus fréquent à la fois chez les femmes (58%) et chez les hommes (69%).
Frédéric Lavignette