Grogne des généralistes

Quatre syndicats de médecins généralistes (MG-France, Union généraliste, Union collégiale et SNJMG) appellent demain à la fermeture des cabinets médicaux, annonce Le Figaro-économie (page 19). Ils réclament notamment une augmentation de 1€ de leur consultation, qui passerait ainsi de 22 à 23€.

Les syndicats médicaux souhaiteraient également la mise en place de forfaits pour la prise en charge des longues maladies ou la constitution de cabinets de groupe. Ce type de rémunération permettrait, selon eux, de faire moins d'"abattage", ajoute Le Figaro-économie.

Difficile de prévoir si cette grève sera suivie, tant ce mode d'action reste étranger aux professions libérales. A la mi-avril ce sera au tour de l'Unof, la branche généralistes de la CSMF, d'appeler à l'action, en l'occurrence à l'application sauvage d'une augmentation de 1€ de la consultation, précise La Tribune (page 5).

Cette grogne s'explique en partie par la proximité des élections professionnelles de juin, mais elle est surtout l'expression d'un malaise plus profond, selon le quotidien économique. Les pommes de discorde avec la ministre de la Santé sont nombreuses et portent notamment sur les obligations faites aux généralistes d'assurer la permanence des soins et sur les pénalités contre les médecins qui refusent de s'installer dans les zones sous-médicalisées (campagne et banlieue). "Autant de réformes que les libéraux vivent comme des contraintes intolérables", souligne La Tribune.

Pour lutter contre les déserts médicaux, il existe un mode d'exercice collectif qui attire de plus en plus les jeunes médecins : les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP). Elles ont le vent en poupe, observe Le Quotidien du médecin de mardi (page 3). Nicolas Sarkozy les mentionne dans la plupart de ses discours sur la santé, Roselyne Bachelot a renforcé leur rôle. Mais sur le terrain, les MSP sont encore peu nombreuses : 160, surtout dans l'est et rares dans les zones périurbaines, constate Le Quotidien du médecin, qui publie un reportage sur l'une d'entre elles, celle de Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre).

"Médecins, la voie roumaine", titre en "une" le quotidien La Croix. Pour pallier la désertification médicale, certaines communes rurales facilitent l'installation de praticiens étrangers. Depuis 2007, plus de mille médecins roumains sont arrivés en France. L'intégration a parfois tourné court, mais elle a mieux fonctionné à l'hôpital, souligne La Croix (pages 2 et 3).

L'ACP se met au travail
"L'Autorité de contrôle prudentiel doit être un modèle de régulation pour l'Europe", a déclaré hier la ministre de l'Economie, à l'occasion de l'installation de ce nouvel organisme de contrôle des banques et des assurances, rapportent Les Echos (page 30). Christine Lagarde lui a fixé sa feuille de route : protéger les consommateurs, peser davantage dans les instances internationales, notamment dans l'élaboration en cours des nouvelles normes prudentielles tant dans l'assurance (Solvabilité 2) que dans la banque (Bâle 3). Pour ces missions, l'ACP disposera d'un budget de 150 millions d'euros en 2010, de 900 agents, d'un collège de 16 membres et d'une commission des sanctions, d'un vice-président en la personne de Jean-Philippe Thierry (lire son portrait dans Les Echos page 40), et d'un président, qui est le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. En ce qui concerne les mesures d'application de la directive Solvabilité 2, l'ACP se retrouve immédiatement dans le feu de l'action. Elle sera surveillée de près par les assureurs, échaudés par l'"hyperprudence" du Comité européen des régulateurs (Ceiops). "La priorité ici est d'accompagner le gouvernement dans la négociation des textes d'application au niveau européen", a insisté hier la ministre de l'Economie.
John Sutton