Grippe A : vaccins à vendre

Revoici le vaccin contre la grippe A au coeur des polémiques, cette fois, c'est pour des raisons de surplus ! Comme l'évoquait dès hier Le Parisien/Aujourd'hui dans son édition de dimanche (page 9), la France cherche à revendre "une partie des 94 millions de doses du vaccin contre la grippe A achetées cet été".

Selon Libération (page 10), ces polémiques "autour d'un achat trop massif de vaccins" sont "un peu vaines", notamment dans la mesure où "les décisions d'achat se sont faites en période d'incertitudes quand on ignorait tout de l'évolution de la pandémie". A l'époque, le ministère de la Santé était parti sur un schéma de vaccination à deux doses, alors qu'une seule suffit dans la plupart des cas.

En outre, souligne Le Figaro (page 8), la campagne de vaccination n'a pas eu le succès escompté auprès des Français. Alors que dans les pays anglo-saxons, "la population s'est massivement protégée, y compris lorsque le vaccin n'était pas gratuit", 5 millions de nos concitoyens seulement ont reçu le sérum.

"Cinq millions de doses ont donc été utilisées, et près de 10 millions ont été données à l'Organisation mondiale de la santé. Il reste donc 79 millions de doses de vaccin en stock", totalise Le Parisien/Aujourd'hui. Afin d'"alléger la facture globale", la cellule interministérielle a décidé d'exporter ces excédents, relève Le Figaro. Pour l'heure, 300.000 doses ont été vendues au Qatar, et 2 millions devraient l'être à l'Egypte. Au rang des autres clients potentiels, figurent l'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, le Mexique.

Cependant, la France n'est pas la seule à vouloir écouler ses stocks. Les Pays-Bas cherchent par exemple à revendre 19 millions de doses, sur les 34 millions de vaccins commandés. L'Allemagne, discute de son côté avec l'Ukraine afin de placer une partie des siens.

Pour Les Echos (page 3), "la facture des vaccins pour la France – quelque 870 millions d'euros – risque donc de n'être allégée qu'à la marge, sauf à revendre les doses moins chères". Même si une nouvelle vague de vaccination débute dans les écoles et les entreprises dès mardi, rapporte La Tribune (page 5), il est fort peu probable que les pouvoirs publics parviennent à ré­duire les stocks...

ALD : bénéficiaires en hausse
Le nombre de personnes bénéficiant du régime des affections de longue durée (ALD) tend à augmenter, alors même que le gouvernement recherche les pistes pour en maîtriser le coût pour les régimes obligatoires. Selon les dernières statistiques publiées par l'assurance maladie, on comptait en effet 8,285 millions de patients en ALD à la fin 2008, soit près d'un assuré social sur sept (14,5%). Cela représente une progression annuelle de 3,4%, indiquent Les Echos (page 3).

Selon ce quotidien, plusieurs motifs expliquent cette hausse : l'élargissement des critères d'entrée (32 intitulés d'affection existent aujourd'hui), le vieillissement de la population, l'allongement de la durée de vie des malades chroniques (75% des plus de 90 ans sont en ALD) ou bien encore la meilleure couverture aux diabétiques.

"Tout en restant prudent sur le sujet, le gouvernement a annoncé des changements pour 2010", préviennent Les Echos. Les personnes considérées par exemple comme guéries de leur cancer devront sortir du régime ALD, "ce qui n'est jamais le cas aujourd'hui". Dès lors, elles ne seront prises en charge à 100% que pour les examens de suivi. Un décret est en préparation afin de préciser certains aspects de cette réforme, précise le journaliste Etienne Lefebvre. Il fixera entre autres le nombre de pathologies concernées et les délais de sortie du régime. "Un durcissement des critères d'entrée en ALD est aussi évoqué mais l'exécutif reste discret et prudent sur ce sujet, qui peut très vite susciter de fortes résistances."

L'évolution du rôle des complémentaires est également un "sujet en friche", observent Les Echos. Rappelons que, pour les mutuelles, un adhérent en ALD présente un reste à charge supérieur de 70% en raison de son état général de santé et ce, malgré la prise en charge à 100% au titre de son affection exonérante. La Mutualité Française, qui a planché sur ce sujet lors de son dernier congrès, devrait présenter dans les prochaines semaines des initiatives sur les maladies chroniques...

Les exclus de la CMU
Un document du Fonds de financement de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, que Le Parisien/Aujour­d'hui (page 6) s'est procuré, alerte sur les conséquences des effets de seuil sur les populations les plus fragiles. Le plafond de ressources, "inférieur au seuil de pauvreté" (880 euros), a pour résultat d'exclure "une grande part de la population démunie financièrement, y compris les allocataires de certains minima sociaux". L'aide à la complémentaire santé (ACS), attribuée si vos revenus ne dépassent pas plus de 20% le seuil d'accès à la CMU, semble malheureusement insuffisante pour lutter contre ce phénomène...
Frédéric Lavignette