Grippe A : vaccination des élèves en décembre

Les élèves des écoles maternelles et primaires, accompagnés par un parent, pourront être vaccinés contre la grippe A "dans les premiers jours de décembre", dans les centres municipaux, a indiqué hier la ministre de la Santé, citée dans Libération (page 13). Pour les collégiens et les lycéens, la vaccination se fera à partir du 25 décembre dans leurs établissements, "uniquement sur accord parental" recueilli par écrit. Roselyne Bachelot a souligné la progression "indubitable" de l’épidémie sur notre territoire.

"Les cas graves de grippe A se multiplient en France, et les réanimateurs se disent d’autant plus inquiets qu’ils concernent des personnes jeunes, de 35 à 40 ans en moyenne" et de nombreuses femmes enceintes, souligne Le Figaro (page 11). Au 18 novembre, 76 décès ayant un lien avec la grippe A ont été recensés, dont 48 en métropole. Parmi ces derniers, six concernent des enfants de moins de quinze ans. "Cette grippe est dangereuse et il faut se faire vacciner", a insisté la ministre de la Santé, comme le souligne Libération. Malgré cette mise en garde répétée, seulement 38% des médecins et 8% des soignants se sont fait vacciner jusqu’à maintenant.

Pourtant, les dernières données de pharmacovigilance sont plutôt rassurantes. "Il y a presque moins d’effets secondaires qu’avec le vaccin de la grippe saisonnière", se réjouit Jean Marimbert, directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). "Sur 200.000 personnes vaccinées, il y a eu un peu plus de 100 signalements d’effets indésirables, dont 95% sont bénins ou modérés", précise-t-il (Libération). Huit cas ont été jugés "médicalement significatifs", avec une évolution "rapidement favorable". Cinq cas ont nécessité une hospitalisation, dont une interruption de grossesse in utero, deux jours après une vaccination avec le produit adjuvanté Pandemrix®. Mais "à ce jour, la causalité n’est nullement établie", a indiqué Jean Marimbert. Pour les quatre autres cas, déjà signalés la semaine dernière, les investigations se poursuivent pour un homme de 34 ans, souffrant de troubles neurologiques après la vaccination, et pour une femme de 37 ans, soupçonnée d’être atteinte d’un syndrome de Guillain-Barré.

D’autre part, la ministre de la Santé a finalement annoncé que la vaccination ne pourrait être conduite dans les cabinets médicaux avant le printemps prochain. Roselyne Bachelot a rappelé qu’"elle aurait été la première à vouloir recourir aux généralistes", s’il n’y avait pas d’énormes contraintes sanitaires et juridiques, souligne La Tribune (page 31). "Nous sommes sur une campagne de vaccination dans des centres collectifs, parce que ce n’est pas possible autrement, ne serait-ce que la livraison des vaccins à 50.000 cabinets de généralistes avec le respect de la chaîne du froid", a-t-elle expliqué.

Procès AZF : relaxe générale
Après plusieurs mois de procès et huit ans d’enquête, le tribunal correctionnel de Toulouse a relaxé hier les prévenus dans le procès de l’explosion de l’usine AZF, annoncent Les Echos (page 31). Le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende contre Serge Biechlin, l’ancien directeur de l’usine, et 225 000 euros contre la société Grande Paroisse, estimant qu’ils avaient commis des négligences à l’origine de la catastrophe qui avait fait 31 morts et des milliers de blessés, le 21 septembre 2001.

"Le tribunal ne peut fonder son jugement sur des hypothèses et des probabilités", a justifié son président, Thomas Le Monnyer. Le parquet a dix jours pour faire appel et il devrait annoncer sa décision ce week-end, selon La Tribune (page 15).

Les associations de victimes ont vivement réagi à l’annonce du verdict. "Ce jugement a mis du Tabasco sur les plaies. Les réparations matérielles sont de l’ordre du symbolique", dénonce, dans Libération (page 11), Frédéric Arrou, président de l’Association des sinistrés du 21 septembre. Pour la Fnath (accidentés de la vie), "le jugement démontre une fois de plus que notre droit pénal (...) est totalement dépassé et obsolète face aux grandes catastrophes industrielles et sanitaires actuelles et parfaitement incapable d’appréhender la responsabilité des grands groupes industriels". La Fnath réclame en conséquence "une réforme de leur responsabilité pénale".

John Sutton