Grippe A : vaccination chez les médecins libéraux à partir du 12 janvier

Lors d’une consultation de routine, un patient peut, depuis le 12 janvier, se faire vacciner contre le virus de la grippe A dans un cabinet libéral sans coût supplémentaire. Deux millions de vaccins monodose sont prévus à cet effet.

Depuis le mardi 12 janvier, les médecins libéraux peuvent vacciner les patients contre le virus de la grippe A/H1N1 dans leur cabinet médical. La décroissance du pic épidémique et la livraison "courant janvier" de "2 millions de vaccins monodose" permettent d’intégrer ces professionnels de santé au dispositif de vaccination, a annoncé le 7 janvier la ministre de la Santé. Ces vaccins monodose sont en effet "réservés" aux praticiens libéraux, comme les généralistes ou les pédiatres. Jusqu’à présent, la campagne de vaccination se déroulait exclusivement dans des centres dédiés, notamment pour répondre à "des contraintes logistiques", a expliqué Roselyne Bachelot.

Furieux d’avoir été initialement évincés, les représentants des médecins ont évoqué le temps perdu mais semblent néanmoins motivés. "Nous allons enfin pouvoir faire notre travail qui consiste à soigner mais aussi prévenir les maladies", a lancé le Dr Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). "Il n’y a pas de santé publique dans un pays sans la médecine générale", a ajouté le Dr Claude Leicher, nouveau président du syndicat MG-France.

Si les médecins libéraux avaient été associés à la campagne de vaccination dès le début, le nombre de personnes vaccinées ne serait pas de 5 millions mais probablement de "10, 15 ou 20 millions", a estimé Claude Leicher.

Face à une participation beaucoup plus faible que prévue, la polémique fait rage autour de l’écoulement des stocks de vaccins et l’annulation des commandes auprès des laboratoires pharmaceutiques. Pour Roselyne Bachelot, le gouvernement a fait "le choix de protéger les Français". Elle maintient qu’"il est important de se faire vacciner pendant l’accalmie" de l’épidémie car un second pic pourrait avoir lieu en février.

Approvisionnement attendu via le réseau des pharmacies
Comment se déroule la vaccination en cabinet libéral ? Les médecins peuvent vacciner leur patient au cours d’une consultation de routine, comme par exemple dans le cadre du suivi d’une personne diabétique par un généraliste. Dans ce cas, le patient paie simplement le prix de la consultation habituelle, soit 22 euros. Les médecins ont aussi la possibilité d’organiser "une consultation spécifique de vaccination". Le tarif est alors de 6,60 euros, remboursés à 100 % par l’assurance maladie. En outre, le médecin peut "prescrire une vaccination" réalisée par un infirmier, précise Roselyne Bachelot. Bien entendu, les centres de vaccination restent ouverts au public, avec ou sans bon de vaccination.

Pour le Dr Claude Leicher, "il n’y a pas de discussion sur la rémunération", dans la mesure où les médecins privilégieront la plupart du temps le paiement d’une consultation classique. Le montant de 6,60 euros par patient a été instauré uniquement "pour faciliter le regroupement de patients" lors d’une vaccination organisée. Cette rémunération est jugée "totalement insuffisante" par le Dr Michel Chassang. Pour autant, "ce n’est pas pour cela que nous n’allons pas vacciner", assure-t-il.

Dans l’immédiat, le représentant de la CSMF s’inquiète essentiellement de l’approvisionnement des vaccins par les praticiens auprès des centres de vaccination : "Nous n’avons pas vocation à nous promener en voiture pour aller récupérer des vaccins. Il faut trouver une solution pour qu’ils soient acheminés dans les cabinets…" Michel Chassang espère que les praticiens pourront rapidement s’approvisionner grâce au réseau des pharmacies, en écho à la promesse faite par la ministre.

Paula Ferreira