Grippe A : quelles populations seront vaccinées

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a publié ce matin sur son site Internet ses recommandations sur la liste des populations à vacciner en priorité contre le virus H1N1. Plusieurs quotidiens (Libération, Le Figaro, Le Quotidien du médecin), se sont procuré l'avis du Haut Conseil avant sa parution officielle. Libération (page 12) classe en deux blocs les personnes prioritaires. D'abord, "les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque". "Une morbidité importante liée à la pandémie chez ces professionnels mettrait en péril la capacité des services de santé et de secours à s'occuper des patients atteints de grippe et d'autres affections engageant le pronostic vital", justifient les experts du Haut Conseil.

Viennent ensuite 5 groupes de population, classés par niveau de priorité. Au niveau 1 : les personnes les plus vulnérables, comme les femmes enceintes (à partir du début du 2e trimestre), l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois, les nourrissons âgés de 6 à 23 mois, avec facteur de risque. Les enfants de moins de 6 mois ne pouvant être vaccinés pour des raisons médicales, c'est leur entourage (parents, fratrie et adultes en charge de leur garde) qui le sera afin de les protéger, indique Le Figaro (page 11). Les malades chroniques sont classés au niveau 2 ou 3 selon qu'ils ont moins ou plus de 65 ans, cette dernière classe d'âge étant a priori moins vulnérable au virus H1N1 que les plus jeunes. Quant aux sujets âgés de 2 à 18 ans, dont la vaccination a surtout pour objectif de réduire la transmission du virus, ils sont pour l'instant au 4e rang sur 5.

Le Haut Conseil recommande l'utilisation de vaccins sans adjuvant (substance qui augmente la réponse immunitaire) pour les enfants de 6 mois à 23 ans, les femmes enceintes et les sujets porteurs de maladies immunitaires, ajoute Libération. "Reste à savoir quand et dans quelles conditions précises les vaccins tant attendus obtiendront leur autorisation de mise sur le marché (...), et surtout à quel rythme les 94 millions de doses commandées par la France seront livrées, conclut Le Figaro. Deux facteurs qui pèseront lourd dans l'organisation de cette campagne de vaccination d'ampleur inédite."

"Grippe A : la vaccination divise les Français", souligne Le Figaro dans son titre de "une". Un tiers des professionnels de santé hésitent ou sont "sûrs" de ne pas se faire vacciner cet automne contre la grippe A, annonce le quotidien (page 11) s'inspirant des résultats d'une enquête, réalisée par l'Espace éthique de l'AP-HP et publiée hier sur le site Internet de L'Express. Les principales réticences concernent le manque de recul vis-à-vis de l'efficacité et surtout de l'innocuité de ce vaccin fabriqué dans l'urgence, précise Le Figaro.

"Grippe : la phase épidémique est déclarée", titre le quotidien Les Echos (page 4), qui précise que le cap des 80 cas pour 100.000 habitants a été franchi la semaine dernière. Toutefois, "il faudra attendre une seconde semaine pour confirmer le dépassement de ce seuil et valider l'arrivée de l'épidémie en France", précise le responsable du réseau Sentinelles de l'Inserm, qui recense chaque semaine les données fournies par 1.300 généralistes. L'Institut de veille sanitaire (IVS) a estimé de son côté que 6.000 personnes avaient été touchées par le virus H1N1 la semaine dernière. Interviewée dans Le Monde (page 4), sa directrice générale, Françoise Weber, estime que "la dynamique de l'épidémie en dit plus que le nombre de cas". "Pour prendre des décisions de santé publique, il n'est pas indispensable d'avoir des chiffres précis, mais de disposer d'un ordre de grandeur", explique-t-elle. Françoise Weber se veut rassurante en rappelant qu'"à ce jour, dans la très grande majorité des cas, la grippe A (H1N1) reste bénigne".

John Sutton