Grippe A : nouvelle stratégie vaccinale

Programme chargé pour la ministre de la Santé. Roselyne Bachelot doit en effet justifier la "double volte-face" effectuée lundi par le gouvernement. A savoir, rappelle La Tribune (page 7), l'annulation de commandes de 50 millions de doses de vaccins et le recours aux généralistes pour vacciner dès la semaine prochaine. Une "nouvelle stratégie vaccinale" sur laquelle Roselyne Bachelot va s'expliquer en début de semaine prochaine, à la fois auprès des journalistes et devant le Parlement.

Pour le quotidien économique, la situation de la ministre est assez inconfortable puisqu'elle "se retrouve seule à défendre le plan de lutte contre la grippe A". Même si aucun "désastre sanitaire" n'a eu lieu, ajoute l'édition en ligne du Monde (page 10), elle est effectivement seule face à "une polémique menée par l'opposition".
La ministre de la Santé bénéficie cependant du soutien de l'Elysée, ajoute le quotidien du soir. En début de semaine, le président de la République l'a félicitée en Conseil des ministres "d'être allée se défendre sur le plateau du journal télé­visé de TF1", en particulier au sujet des annulations de commandes.

Il est bien entendu que les groupes pharmaceutiques concernés souhaitent être dédommagés "comme le prévoit le code des marchés publics en cas de désistement des autorités publiques", souligne L'Humanité (page 4). Même si "les labos s'agrippent à leurs contrats" constate le quotidien, la ministre a prévenu : "Nous allons discuter très fermement et nous avons un certain nombre d'arguments à faire valoir."

Le comportement des laboratoires est de plus en plus contesté et pas seulement du côté de l'opposition française. Selon le président de la commission Santé du Conseil de l'Europe, l'allemand Wolfgang Wodard, l'industrie pharmaceutique a joué un rôle influent dans la "campagne de panique autour du virus", rapporte L'Humanité.

Ce médecin et épidémiologiste accuse notamment les lobbies pharmaceutiques et les gouvernants d'être à l'origine d'une "formidable opération d'intox" visant à installer leurs vaccins sur les différents marchés. Une commission d'enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de cette grippe par l'OMS et les différents Etats va donc être lancée.

Roselyne Bachelot, qui rencontre aujourd'hui les syndicats de médecins, devra également annoncer "comment elle compte rémunérer les médecins" libéraux pour leur participation à la vaccination, prévient La Tribune. Si elle est prise en charge par l'assurance maladie pour les patients, l'Etat accordera aux médecins un forfait d'environ 7 à 10 euros par vaccination, avance le journal.

Antidépresseurs : efficacité variable
Une étude menée par des chercheurs américains montre que l'efficacité des antidépresseurs est supérieure à celle d'un placebo chez les patients atteints d'une dépression sévère. En revanche, explique Le Figaro (page 13), les bénéfices des antidépresseurs sont minimes chez les personnes atteintes d'une dépression d'intensité légère ou modérée.

Cette "méta-analyse va dans le même sens que d'autres travaux récents" et ré­vèle que les antidépresseurs doivent être réservés à certains malades. "Encore faut-il distinguer les signes dépressifs réactionnels à un événement de la vie et qui vont régresser en quelques semaines, d'une réelle dépression", nuance le quotidien. La distinction n'est pas évidente, "ni pour les médecins généralistes (qui prescrivent 80% des antidépresseurs), ni même pour les psychiatres".
Frédéric Lavignette