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Grippe A : nombreuses questions sur fond de pandémie

Avec la multiplication des cas de grippe A/H1N1, les questions tendent également à proliférer. Après sept semaines de propagation, ce virus soulève un bon nombre de doutes sur lesquels la presse s'attarde aujourd'hui abondamment. Une certitude toutefois : l'épidémie progresse en France métropolitaine, notent Les Echos (page 3).

La semaine dernière, indique Le Figaro (page 12), 76 patients ont été hospitalisés. Parmi eux, 22 cas étaient graves et quatre personnes sont décédées. L'Ile-de-France est la plus atteinte par cette progression. Dans cette région, "les cas de grippe amenant à consulter un généraliste, au nombre de 450 cas pour 100.000 habitants, ont augmenté de 55% la semaine dernière".

Dans ce contexte, se posent de nombreuses questions. L'une d'elles porte sur "la composition et l'innocuité des vaccins", relève Le Nouvel Observateur (page 92). La présence d'adjuvant dans la plupart d'entre eux inquiète tant les Français que seuls 17% de nos concitoyens envisagent de se faire immuniser, indique un sondage.

Autre interrogation que soulève cette fois Le Point (pages 72 à 75) : pourquoi les contrats passés avec les quatre fabricants du vaccin restent-ils secrets ? D'après l'hebdomadaire, le total des commandes passées avec les laboratoires s'élève à 808 millions. Ce journal estime que la ministre de la Santé a signé les chèques "dans la plus grande opacité. Sans que l'Assemblée nationale, ni le Sénat n'aient leur mot à dire".

Des propos qui ont suscité une vive réaction du ministère de la Santé. Dans un communiqué publié hier, il affirme notamment que les commandes passées aux laboratoires ont été réalisées après avis de la Haute Autorité de Santé et "ont toujours fait l'objet d'une communication publique, régulière, détaillée et exhaustive".

Des laboratoires qui sont aussi experts en lobbying. Ainsi, Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3) montre que certains d'entre eux contribuent "au financement d'experts appelés à conseiller les autorités sanitaires sur la politique vaccinale". C'est le cas du Groupe d'expertise et d'information sur la grippe (Geig), "financé à 100% par les laboratoires du vaccin contre la grippe".

Gestion des mutuelles : anticiper les imprévus
Les mutuelles ont des coûts de gestion nettement inférieurs à ceux des assureurs et poursuivent la mise en commun de leurs moyens. C'est ce qui ressort d'un rapport de la Drees sur la situation financière des complémentaires santé. Il a été commenté hier par Jean-Martin Cohen Solal dans le 12-15 de BFM.

Interrogé sur les réserves des mutuelles, le directeur général de la Mutualité Française a fait valoir qu'elles "permettent de faire face aux à-coups, comme c'est le cas aujourd'hui avec la pandémie de grippe A/H1N1". "Sans réserves, comment ferions-nous face à des dépenses qui ne cessent d'augmenter ?", a-t-il poursuivi, ajoutant que "les mutuelles ne peuvent se permettre d'être en déficit comme la Sécurité sociale". L'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam) participe au coût de la vaccination contre ce virus.

Dans une interview accordée aux Echos (page 2), Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) déplore que le gouvernement ait "opté pour une vaccination de masse sans identification des assurés". L'Unocam, rappelle-t-il, souhaite "que la contribution soit plafonnée à 280 millions d'euros et qu'on tienne compte des vaccins non utilisés". Dans cet entretien, Bernard Spitz se dit favorable à "transfert plus important de l'assurance maladie obligatoire vers les assureurs privés" pour l'optique et le dentaire. Un point de désaccord majeur avec la Mutualité Française.

Frédéric Lavignette et Sabine Dreyfus