Grippe A : les couacs de la vaccination

Cinq enfants de moins de 3 ans, vaccinés lundi dans un centre de Brest contre la grippe A/H1N1, ont reçu par erreur quatre doses de vaccin chacun, révèle Le Parisien/Aujourd'hui en France (page 11). Les enfants, dont un âgé de 22 mois, ont reçu un millilitre de vaccin, au lieu de 0,25 ml recommandé. "Un suivi quotidien des enfants est assuré. A ce jour, aucun effet indésirable n'a été enregistré", rassure la Ddass du Finistère, qui évoque "une erreur de manipulation".

Une des mères de famille, interrogée par le quotidien régional Le Télégramme, ne remet pas en cause "le bien-fondé du vaccin, mais la méthodologie". Pour elle, si son "médecin généraliste avait pu faire cette vaccination, il n'y aurait pas eu de problème". Toujours en Bretagne, à Paimpol (Côtes-d'Armor), une fillette de 3 ans et demi a également reçu une dose adulte de vaccin, au lieu d'une dose enfant.

Selon le réseau Grog (groupes régionaux d'observation de la grippe), l'épidémie se poursuit. Il estime à près d'un million le nombre de nouveaux cas enregistrés cette semaine en France métropolitaine, indique Le Parisien. Depuis le mois d'août, 3,8 millions de personnes ont été infectées par le virus de la grippe A.

La semaine dernière, la grippe H1N1 a été la cause de plus de la moitié des 1,8 million de cas d'infections respiratoires aiguës (IRA). "Activité épidémique en hausse", confirment les médecins du réseau Sentinelle, qui publie la liste des régions les plus touchées : Alsace, Limousin et Languedoc-Roussillon.

"Personnels réquisitionnés à la hâte, patients excédés par les heures d'attente, priorités discutables... le gouvernement a le plus grand mal à faire face sereinement à l'épidémie de grippe A", constate sévèrement L'Humanité (page 8). Côté patient, la désorganisation prend parfois des allures kafkaïennes, comme en témoigne Aurélie, mère de quatre enfants. Hier, elle emmène ses deux fils au centre de vaccination de Versailles. Deux heures et quart d'attente ! Entre-temps, sa fille Iris, malade, est sous antibiotique. Aurélie ironise : "La moitié de la famille est vaccinée, mais pas celle qui est considérée comme prioritaire."

Hier en Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a fustigé les ratés de la campagne de vaccination, rapporte Le Parisien. "Comment se fait-il qu'aucun centre n'était ouvert hier dans les Hauts-de-Seine ?", s'est-il étonné. Au ministère de l'Intérieur, on reconnaît qu'il faut "corriger un peu les choses" dans certains départements.

Le guide des services à la personne

Aide aux personnes âgées, gardes d'enfants, soutien scolaire, ménage... trouver la "bonne" personne a longtemps relevé de la débrouillardise et du travail au noir. Ce n'est plus le cas depuis l'apparition du chèque emploi service universel (Cesu), souligne Le Point n° 1942 (page 96 à 113), qui publie cette semaine Le guide des services à la personne.

De grands prestateurs sont apparus sur tout le territoire, tandis que de petites structures se sont créées pour répondre à des besoins spécifiques (assistance informatique, déplacements des personnes âgées...). Quelle formule privilégier ? Quelle association ou entreprise choisir ? Le Point compare les solutions et les offres des quatre prestations les plus demandées : garde d'enfants, soutien scolaire, entretien de la maison et aide aux personnes âgées. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire (page 108), Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des Aînés, annonce qu'elle souhaite "instituer une véritable différence entre les services à la personne, qui requièrent des compétences particulières, et les aides à domicile [...] car ce n'est pas le même métier". En outre, comment répondre à l'augmentation du nombre de personnes dépendantes ? "Il faut mobiliser la solidarité nationale et familiale au travers notamment du patrimoine, comme c'est le cas déjà pour l'allocation personnalisée d'autonomie, et développer l'assurance", estime Nora Berra.

John Sutton