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Grippe A : le nouveau dispositif du gouvernement

Pour faire face aux premiers symptômes de la grippe A (H1N1), la marche à suivre est désormais connue. Hier, la ministre de la Santé en a dévoilé les contours aux côtés du ministre de l'Intérieur.

A compter du 23 juillet prochain, prévient Le Figaro (page 10), le protocole mis en place par la cellule interministérielle de crise sur la grippe donne la part belle aux médecins. Ainsi, a prévenu Brice Hortefeux, "les personnes souffrant de la nouvelle grippe seront désormais prises en charge par le système ambulatoire, sauf pour les cas graves pour lesquels l'hôpital reste la référence".

En d'autres termes, les personnes qui se pensent atteintes ne devront plus contacter le Samu mais leur médecin traitant qui décidera de la nécessité d'un traitement. "C'est lui qui prescrira ou non un prélèvement dans un laboratoire habilité, en vue de confirmer le diagnostic et qui délivrera des conseils d'hygiène afin d'empêcher la diffusion de l'infection à l'entourage", explique Le Figaro. En cas de symptômes graves, il pourra diriger son patient vers une structure hospitalière.

Dans ce nouveau dispositif, les pharmacies tiendront également un rôle d'importance. Elles seront notamment habilitées à délivrer du Tamiflu et des masques sur ordonnance. Toutefois, avertit Roselyne Bachelot, les prescriptions devront être réservées "aux personnes qui en ont besoin". En aucun cas, ce traitement ne devra être délivré à titre préventif, sinon on risquerait "d'augmenter les résistances aux antiviraux et de les rendre inefficaces", a-t-elle insisté.

Pour ce qui est des vaccins antiviraux que l'Etat a réservés pour affronter la pandémie, la ministre a indiqué qu'"on ne touchera pas aux stocks". Selon La Tribune (page 13), la France a passé une commande d'un milliard d'euros pour acquérir une quantité de 128 millions de doses, dont 94 millions fermes, auprès des laboratoires Sanofi Pasteur MSD, GSK et Novartis.

D'après le quotidien économique, "la commande française permettra dans un premier temps de vacciner les trois-quarts des Français, s'il est établi que deux vaccinations par individu sont nécessaires". Les laboratoires ne sont pas les seuls à profiter de l'"aubaine" que représente le virus H1N1. Si l'on en croit Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 6), les fabricants de masques remportent également "le jackpot". Citant en exemple l'entreprise Sperian Protection, le journal évoque un "marché juteux conclu pour 80 millions d'euros, que le gouvernement a prolongé avec une nouvelle commande d'un montant de 25 millions d'euros début juillet".

Médicaments gaspillés
En 2006, chaque Français a consommé pour 504 euros de médicaments. Si ce "record" a été atteint, estime Le Figaro (page 10), c'est notamment en raison de notre dispositif de santé. En effet, "le système de remboursement par la carte vitale n'incite pas aux économies, car ni le médecin, ni le pharmacien, ni le patient n'ont le sentiment que quelqu'un paie la facture".

Pourtant, beaucoup de médicaments prescrits et remboursés n'ont pas été consommés. Si ces produits sont jetés, reconnaît le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), Patrice Devillers, c'est parce que les patients n'observent pas le traitement jusqu'au bout "parce qu'ils se croient guéris". Autre motif invoqué : le conditionnement des médicaments. Pour un traitement de courte durée, les laboratoires n'hésitent pas à sortir des boîtes grand modèle.

Au total, observe un récent rapport de l'Igas, c'est près d'un médicament remboursé sur deux qui ne serait pas consommé. "Or, en 2007, les remboursements ont coûté plus de 21 milliards d'euros à la Caisse nationale d'assurance maladie", relève le quotidien, soit 2% du PIB français...

Frédéric Lavignette