Grippe A : la course au vaccin

Interrogée hier sur l'éventuelle gratuité du vaccin contre la grippe A, la ministre de la Santé a répondu : "Nous sommes en train de finaliser cette question avec l'assurance maladie, et bien sûr le gouvernement, pour faire en sorte que la prise en charge soit la meilleure possible." "L'arbitrage sera rendu au début de la semaine prochaine" et "dépendra de différents facteurs, dont l'évolution de la pandémie", a précisé Roselyne Bachelot, citée dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 9).

"L'achat de plus de 90 millions de vaccins à l'industrie pharmaceutique devrait coûter entre 600 et 800 millions d'euros", estime la direction de la Cnam, dans un rapport examiné hier par son conseil d'administration, rapporte le quotidien Les Echos (page 3). Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 3), dans son édition d'hier, indiquait que les négociations avaient abouti avec quatre laboratoires. Mais, selon un communiqué du ministère de la Santé, les discussions étaient "toujours en cours" avec les laboratoires Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline.

La facture fait tousser certains parlementaires spécialistes des questions de santé et des finances publiques, soulignent Les Echos. "Cette somme nous semble énorme. Elle fait apparaître un coût par personne vaccinée trois ou quatre fois supérieur à celui du vaccin contre la grippe saisonnière, observe Yves Bur, député UMP. La situation d'urgence sanitaire ne doit pas empêcher les pouvoirs publics de bien négocier les prix avec les laboratoires."

"Le vaccin contre la grippe A (H1N1) sera prêt au mieux à l'automne, si tout se passe comme prévu", estime Le Figaro (page 11). "L'impact de ce vaccin sur la pandémie dépendra du moment où il sera disponible. Mais, pour l'instant, personne ne peut prédire le moment où il sera sur le marché", déclare Jean-Claude Manuguerra, virologue à l'Institut Pasteur. Le Dr Albert Garcia (Sanofi-Pasteur), explique la longueur des délais : "Il faudra vacciner les volontaires, faire un test au bout de trois semaines, leur injecter la seconde dose et attendre encore trois semaines, avant d'évaluer le taux d'anticorps pour mesurer l'immunité obtenue."

MGEN : nouveau président
"Après dix ans tout ronds de bons et loyaux services, Jean-Michel Laxalt, 60 ans, vient de céder son fauteuil de président à Thierry Beaudet, 47 ans", annoncent Les Echos (page 31). Le quotidien économique rappelle que "cet homme de conviction" préside également, depuis 2005, l'Unocam, l'organisme représentant les différentes familles d'assureurs complémentaires (mutuelles, assureurs privés et institutions de prévoyance). "Un successeur devra vraisemblablement lui être trouvé à ce poste, ce qui pourrait rebattre les cartes au sein de l'Unocam, après la crise de gouvernance de l'an dernier", estime Géraldine Vial, des Echos. Thierry Beaudet, administrateur de la Mutualité française depuis le 9 avril, se dit animé de "la conviction nouvelle que l'avenir de la MGEN ne passe plus par la seule MGEN", référence à l'alliance en cours avec la MNH, la MNT, la MGET et la MAE au sein de l'union de représentation Unités, mais aussi à de "nouvelles coopérations". Par ailleurs, le livre de Jean-Michel Laxalt, Et si demain... la Sécurité sociale éclatait ?, fait l'objet de notes de lecture dans plusieurs quotidiens. Pour La Tribune (page 8), "ce livre aborde toutes les grandes questions sur l'avenir de la Sécurité sociale : bouclier sanitaire, égalité ou équité, assurance complémentaire et obligatoire, place de la médecine libérale, financement public ou privé". "Les limites du système actuel sont atteintes", s'alarme Jean-Michel Laxalt dans son livre-questionnement sur l'avenir de la Sécu, chroniqué par Cécile Prieur, dans Le Monde (page 25). "Des mesures radicales sont nécessaires pour briser les rigidités, oser des financements nouveaux et refonder l'avenir", estime l'ancien président de la MGEN.

John Sutton