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Grippe A : commandes de vaccins annulées

Les conséquences de la nouvelle po­lémique soulevée par l'excédent de vaccins contre la grippe A permettront-elles de diminuer la facture des complémentaires, et, par ricochet, de limiter la hausse des cotisations ?

C'est en tout cas ce qu'espère le président de la Mutualité Française interrogé ce matin sur RMC. Appelé à réagir à la suite de l'intervention de la ministre de la Santé, hier soir, sur le plateau du journal de TF1, Jean-Pierre Davant a exprimé le souhait d'une renégociation de la contribution réclamée aux mutuelles pour le financement de la campagne de vaccination contre la grippe A. "Nous devions financer 230 millions d'euros de vaccins, a-t-il rappelé. Etant donné que Roselyne Bachelot a annoncé qu'une partie serait renégociée avec les laboratoires, nous demanderons que la part financée par les mutuelles diminue d'autant."

En effet, au nom de "l'intérêt général", raconte Le Figaro (page 11), mais surtout pour calmer les critiques qui lui reprochent d'avoir acheté trop de vaccins contre la grippe A/H1N1, Roselyne Bachelot n'a pas hésité à "trancher dans le vif". D'où sa décision de résilier "les commandes de 50 millions de doses de vaccins contre la grippe H1N1 sur les 94 millions commandées auprès de quatre laboratoires pharmaceutiques".

Etant donné que "ces commandes n'avaient été ni livrées ni payées, elles sont donc résiliées", a-t-elle prévenu. Une économie de plus de la moitié du montant total des doses commandées (712 millions d'euros) est par conséquent estimée par la ministre.

Pour Le Parisien/Aujourd'hui (page 14), cette montée au créneau de Roselyne Bachelot est "une façon d'avouer que l'achat initial était disproportionné". Il faut dire que la France, tout comme la plupart des gouvernements, tablait sur une double injection par personne à l'époque du passage de la commande, note La Tribune (pages 2 à 4). Les Français ont été de surcroît peu nombreux à se faire vacciner : depuis le lancement de la campagne, seulement 5,5 millions d'entre eux se sont déplacés dans les centres de vaccination.

Dans le détail, explique Le Figaro, "plus de la moitié des vaccins, soit 50 millions", ont été commandés auprès de Glaxo-SmithKline (GSK). Près de 32 millions de doses produites par le laboratoire anglais sont concernées par cette résiliation. "Sanofi Pasteur a reçu de son côté une commande pour 28 millions de doses, il en a livré près de la moitié et 11 millions seraient aujourd'hui annulées", poursuit le quotidien.

Le laboratoire suisse Novartis serait de son côté concerné par une annulation de 7 millions de doses sur les 16 millions commandées. Pour l'américain Baxter qui a déjà livré les 50.000 vaccins qu'on lui a commandés, aucune résiliation n'est prévue.

"L'annonce du gouvernement de résilier 50 millions de doses suffira-t-elle à éteindre l'incendie ?", se demande Le Parisien/Aujourd'hui. "Pas sûr, répond le quotidien, car une autre affaire embarrassante surgit. Elle concerne les 33 millions de médicaments antiviraux (principalement du Tamiflu® mais aussi du Relenza®) achetés par le gouvernement… et qui ne sont pas utilisés." Selon Le Monde (page 4), ce stock est d'autant plus problématique que "l'efficacité de l'antiviral est mise en question".
La mutation de MutRé
Le nouveau visage de la société de réassurance de la Mutualité Française est dévoilé aujourd'hui par La Tribune (page 24). En prévision de l'entrée en vigueur de la directive "Solvabilité 2" en 2012, la réorganisation de MutRé paraissait inévitable, explique le quotidien économique.

Pour son directeur général, Philippe Brunet, "le pôle de réassurance devait se trouver un modèle lisible avec une gouvernance compréhensible". D'où la restructuration des deux entités de la branche : MutRé Union, qui couvrait les risques courts (assurance santé), et MutRé SA, qui couvrait les risques longs (décès, incapacité et dépendance).

Désormais, indique La Tribune, "MutRé Union continue d'exister, mais uniquement avec une vocation politique. Elle vient de transférer ses portefeuilles et ses effectifs à MutRé SA qui devient le seul porteur de risques". Une augmentation de capital a également été réalisée à hauteur de 21 millions d'euros apportés par ses trois actionnaires : Scor, Matmut ainsi qu'un "bloc Mutualité" composé de 12 mutuelles.
Cotisations : hausse inévitable
En 2010, prévient Le Figaro (page 21), "les Français vont payer leur assurance santé un peu plus cher". Selon la Mutualité Française, cette hausse est fixée aux alentours de 5%, note le quotidien.

Pour son président, interrogé ce matin par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, cette progression est la conséquence de diverses augmentations de charges. Il relève en effet que "les dépenses habituelles de santé ont augmenté environ de 3%", que "le forfait hospitalier a augmenté de 2 euros", et que les mutuelles ont été sollicitées afin d'assurer une partie des dépenses liées à la campagne de vaccination. Jean-Pierre Davant déplore ces hausses de cotisations. Pour lui, elles empêchent les Français aux faibles revenus d'acquérir une complémentaire et les contraint souvent à "renoncer à leurs soins".
Frédéric Lavignette