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Grippe A : « Pas d’évolution significative »

La grippe A, issue d’un virus touchant habituellement les porcs, poursuit lentement son évolution. La ministre de la Santé a fait état le lundi 4 mai de "4 ou 5 cas avérés et 8 probables" en France et plus de 1.000 cas dans le monde. La situation semble stabilisée car, pour l’heure, "il n’y a pas d’évolution significative à l’international".

La grippe A, encore appelée grippe porcine ou mexicaine, touche actuellement une vingtaine de pays dans le monde. Au total de "1.016 cas confirmés et 23 décès", a indiqué le directeur général de la Santé. Didier Houssin qui s’est exprimé lors du point presse organisé, le lundi 4 mai, par les ministères de la Santé et de l’Intérieur.

Didier Houssin a fait part d’une "poursuite de la tendance à l’augmentation du nombre de cas probables et confirmés, sans modification cependant de la dynamique au niveau mondial". Ainsi, "quelques cas secondaires continuent à être identifiés". "Il n’y a pas d’évolution significative à l’international", estime la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Au Mexique, qui compte à lui seul "22 décès", le nombre de cas confirmés est désormais de "590", poursuit Didier Houssin. Dans ce pays, "la stabilisation du nombre de cas suspects reste à confirmer", précise-t-il. Les voyageurs en provenance du Mexique sont accueillis à partir du mardi 5 mai dans "un aérogare dédié", a annoncé la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Il pourrait être étendu à d’autres destinations en fonction de l’évolution de l’épidémie et "au fur et à mesure des besoins".

Un foyer important est également déclaré aux USA avec 227 cas et un décès, suivi du Canada avec 101 cas. Les autres pays sont beaucoup plus faiblement touchés. Au total, moins d’une centaine de cas et tous importés. En Europe, la situation est assez calme avec 81 cas, dont 44 en Espagne et 18 au Royaume-Uni. La France compte "4 ou 5 cas avérés et 8 probables", a indiqué Roselyne Bachelot.

Une flambée de l’épidémie à l’automne ?
"N’oublions pas que le virus saisonnier de la grippe a touché 2,5 millions de Français l’hiver dernier. Il tue chaque année plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le monde et quelques centaines de personnes en France", explique la Dre Annabel Dunbavand, médecin de santé publique à la Mutualité française.

Le virus A/H1N1 responsable de l'épidémie actuelle "est variable sur le plan génétique et, à la faveur d’une mutation, il peut devenir plus virulent selon les années. Il se peut, comme en 1918, lors de la grippe espagnole, que l’épidémie se passe en deux temps avec quelques cas en avril et une flambée de l’épidémie à l’automne. Il faut donc rester vigilant, sans céder à la panique", ajoute-t-elle.

"L’aspect positif de la situation est que le monde est mieux préparé que jamais à une pandémie de grippe", a indiqué le 29 avril la Dre Margareth Chan, directrice générale de l’OMS. "Les mesures de préparation prises face à la menace de la grippe aviaire due au virus H5N1 auront été un investissement dont nous récoltons aujourd’hui les fruits", rassure-t-elle.

Des conseils de prévention applicables par tous
Pour prévenir la propagation de l’épidémie de grippe A, les autorités sanitaires préconisent plusieurs conseils pratiques. Un document réalisé par le ministère de la Santé et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) incite tout d’abord les personnes qui se rendent dans un pays touché à se conformer aux "recommandations émises par les autorités sanitaires locales", comme éviter les lieux de rassemblement, telles les réunions publiques ou les salles de spectacle.

Autres recommandations également facilement applicables par tous : se laver "souvent les mains, à l’eau et au savon, ou avec une solution hydroalcoolique", utiliser des mouchoirs en papier et les jeter, aérer "régulièrement" les lieux de vie, éviter tout contact avec des personnes malades et préférer la marche aux transports en commun.

Il est aussi conseillé aux voyageurs qui reviennent d’un pays où sévit l’épidémie de prendre contact avec leur médecin traitant ou d’appeler le 15 si des symptômes grippaux apparaissent "dans les 7 jours qui suivent le retour". Comme pour la grippe classique, les symptômes peuvent se traduire par une fièvre supérieure à 38 degrés, des douleurs articulaires et musculaires, ainsi qu’un écoulement nasal, une toux et des difficultés respiratoires.

Le grand public peut obtenir des informations complémentaires en appelant deux plateformes téléphoniques : celle de la grippe accessible au 0825 302 302 ou au +33 1 53 56 73 23 depuis l’étranger, et celle du ministère des Affaires étrangères au 01 45 50 34 60. Enfin, les sites Internet du ministère de la Santé, du ministère des affaires étrangères et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) permettent de suivre l’évolution de l’épidémie : www.sante-sports.gouv.fr, www.diplomatie.gouv.fr, www.who.int.

Paula Ferreira