Grève des fonctionnaires : les raisons de la colère

La mobilisation des enseignants en grève promet d’être massive. Les professeurs entendent protester contre "la suppression de 11.200 postes à la rentrée et la politique éducative du gouvernement", explique Le Monde (page 9). Comme le souligne Le Parisien/Aujourd’hui (page 11), si "les profs ouvrent le bal des grèves de mai", ils ne seront pas les seuls à défiler dans les rues. A leur côté, devraient en effet se joindre d’autres fonctionnaires des Douanes, des Finances, du ministère de la Culture, de l’Equipement, de La Poste ou bien encore des hôpitaux publics. Pour L’Humanité (page 4), "le point commun de tous ces ministères et organismes" est d’être victimes du "plan social du siècle".

En envisageant 22.900 suppressions de postes, comme le prévoit le budget 2008, "le gouvernement espère tirer assez d’économies pour ramener ses comptes publics à l’équilibre", explique ce quotidien. Pour 2009, poursuit L’Humanité, 35.000 suppressions sont annoncées et "320.000 départs à la retraite sont prévus entre 2009 et 2012".

Au-delà de la disparition de ces postes, Libération (page 6) inventorie dans un "abécédaire de la colère des fonctionnaires" les autres motifs de grèves. Par exemple, les agents de l’Etat contestent un projet visant à "professionnaliser le recours aux agents contractuels dans la Fonction publique". Les fonctionnaires s’opposent également au remplacement des "700 corps de la Fonction publique d’Etat par une cinquantaine de familles de métiers, regroupées en sept filières : administration générale, financière et fiscale, sociale, éducation et recherche, culture, technique et sécurité". Une proposition contenue dans le Livre blanc sur la Fonction publique, remis à la mi-avril au gouvernement..

Pour leur part, les syndicats CGT et FO de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris appellent à participer à cette journée de mobilisation. "En tête des revendications, la question des retraites et le refus de l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans ainsi que le maintien des garanties statuaires actuelles", note Libération.

Malgré toutes ces revendications, l’exécutif ne semble pas s’inquiéter "outre mesure de cette grogne sociale", estime La Tribune (pages 2 et 3). "Comme prévu", un séminaire gouvernemental se tiendra dimanche "pour débattre de la poursuite des réformes, notamment celle de l’Etat".

Pour une relance du dossier médical personnel
L’inspecteur général des Affaires sociales, Michel Gagneux, doit remettre aujourd’hui à la ministre de la Santé "le rapport de la mission de relance du dossier médical personnel (DMP)". Ce document de 120 pages vise "à préparer un consensus aussi large que possible sur les objectifs, la stratégie et la méthode", rapportent Les Echos (page 3). Objectif : que le gouvernement procède "à une relance rapide du projet".

Dans cette optique, Michel Gagneux suggère qu’une expérimentation "au moins jusqu’à fin 2011" soit mise en place "avec une vingtaine de projets pilotes territoriaux ou spécifiques à des catégories de patients". Cette disposition permettrait de dégager un prototype de dossier "assez stabilisé pour en amorcer le déploiement". Le budget annuel global de cette mesure devrait être de "30 à 50 millions d’euros". Un cadre juridique et technique devra également être envisagé au niveau national d’ici à 2010. Quant à la généralisation du DMP, elle n’est pas envisageable "avant dix ans".

En ce qui concerne la gouvernance, certaines "réformes fortes" devront être engagées, explique le quotidien économique. Parmi elles, la création d’un "conseil national des systèmes d’information de santé". Il serait présidé par le ministère de la Santé. Une "agence pour le développement des systèmes d’information de santé partagés" doit également être instituée pour assurer la maîtrise d’ouvrage du dispositif. "Elle engloberait le GIP DMP actuel en donnant plus de poids à l’assurance maladie", précisent Les Echos.

Frédéric Lavignette