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Grève des blouses blanches : la contre-mobilisation

"Agacés par le discours des grévistes qui laissent entendre [...] que leurs reven­dications sont partagées par l'ensemble des médecins", 140 professionnels de la santé viennent de signer une pétition contre le mouvement de grève lancé hier par leurs confrères libéraux. A l'origine de cette pétition diffusée hier matin par mail, signale Le Parisien/Aujourd'hui (page 7), deux professeurs : André Grimaldi et Jean-Paul Vernant, tous deux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

"Nous, écrivent les signataires, médecins de toutes spécialités et de tout mode d'exercice, attachés à l'égalité d'accès des soins de qualité sur l'ensemble du territoire, ne participons pas à la grève des soins initiée par certains syndicats. Ces syndicats refusent par principe toute limitation des dépassements d'honoraires. S'il est vrai que certains tarifs de la Sécurité sociale doivent être révisés, rien ne justifie que le montant des dépassements d'honoraires puisse aller du simple au triple, voire même plus pour la même activité, dans la même ville."

Pour Le Figaro (page 20) le "mouvement reconductible à l'appel d'une trentaine de syndicats et d'organisations" lancé hier "est une réussite". Près de 700 cliniques auraient en effet "tourné au ralenti ou fermé leurs portes en reportant des opérations prévues". Selon la Fédération hospitalière privée (FHP), 82% des cliniques de la région parisienne ont été "fortement" affectées par le mouvement, de même que 63% des cliniques en Normandie et 60% en Rhône-Alpes, rapportent Les Echos (page 4).

Mais la grève n'a pas uniquement "touché le secteur privé" et ses blocs opératoires, ajoute Le Figaro, signalant que 37 établissements de l'AP-HP ont dû "réquisitionner du personnel pour faire tourner leurs services d'urgences...". Il faut dire, précisent Les Echos, que les internes ont aussi appelé à des arrêts de travail et sont descendus dans la rue afin de réclamer de meilleures conditions de travail dans les établissements publics.

Pour Mikael Agopiantz, président de l'Isnih, le principal syndicat des internes, leur mobilisation est représentative d'un "ras-le-bol des futures générations de médecins", déconsidérés avec leurs 1 500 euros par mois, en dépit d'un bac + 6 et de 70 heures d'activité par semaine. D'après le ministère de la Santé, 18,8% d'entre eux étaient en grève.

Dans son ensemble et de manière paradoxale, fait remarquer La Croix (page 7), "cette grève n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour la ministre de la Santé". En effet, après la signature de l'accord sur les dépassements d'honoraires, "les réactions avaient été vives du côté des associations de patients qui avaient estimé que l'accord [...] n'allait pas assez loin pour lutter contre les honoraires excessifs". La démonstration d'hier joue ainsi en sa faveur, analyse le quotidien : elle donne à Marisol Touraine "un argument pour monter que, contrairement à ce qui a été dit, elle n'a pas cédé au lobby des blouses blanches".

Handicap : un budget préservé
A l'occasion de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées qui se tient jusqu'au 18 novembre, plusieurs pages des quotidiens sont aujourd'hui consacrées au thème du handicap et à sa prise en compte dans les cinq années à venir. Dans un cahier spécial, Libération s'attarde en effet sur les intentions de la présidence Hollande en la matière, notamment en interrogeant la ministre déléguée aux Personnes handicapées sur le budget qui lui est affecté.

D'après le quotidien (pages I et II), le ministère de Marie-Arlette Carlotti est l'un des seuls à avoir échappé aux coupes budgétaires. En effet, en 2013, indique le quotidien, "la dotation globale allouée aux personnes en situation de handicap dépassera les 20 milliards d'euros". Dans le détail, ce sont 11,2 milliards d'euros accordés au titre du projet de loi de finances (soit + 6,6% par rapport à l'an passé) et 9 milliards dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), soit + 3,3%.

Une belle somme, reconnaît la ministre. "Toutefois, indique-t-elle, ne croyez pas que nous sommes rassasiés." Elle aurait "évidemment aimé avoir beaucoup plus pour avancer sur un sujet majeur, complète-t-elle. Celui de l'inégalité territoriale". Selon elle, les structures d'accueil ne sont pas équitablement réparties sur le territoire.

En revanche, en ces temps d'austé­rité, l'augmentation de 8,5% des crédits accordés à l'allocation adulte handicapé (AAH) paraît "trop belle pour être vrai", remarque Libération. D'après le journal, elle "résulte plus d'une augmentation sensible du volume de personnes pouvant y prétendre que d'une revalorisation conséquente de son montant porté à 776,59 euros au 1er septembre". Désormais, ajoute d'ailleurs le journal, l'AAH ne sera revalorisée qu'une seule fois par an, chaque 1er septembre.

Pour ce qui est des budgets destinés aux établissements et services d'aide par le travail (Esat) et aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), ils seront également consolidés.

Frédéric Lavignette