Génériques : le coup de pouce des députés

Les députés ont voté en fin de semaine dernière un amendement au PLFSS 2010 qui contraint les médecins à prescrire en premier lieu un générique, "à moins que des raisons particulières, tenant au patient, ne s’y opposent", indiquent Les Echos (page 4). Les médecins récalcitrants seraient mis sous entente préalable de la Sécurité sociale pour leurs prescriptions, précise Le Figaro-économie (page 21). Pour l’auteur de l’article, Olivier Auguste, "la menace semble assez théorique : elle nécessite que les médecins-conseils (de la Sécu, NDLR) passent au crible les ordonnances de leurs confrères pour voir s’il y avait matière à exception".

"Nous visons quelques dizaines de médecins, quelques centaines au plus, qui mettent une mauvaise volonté manifeste à appliquer un vieux principe du code de la Sécurité sociale : à qualité, sécurité et efficacité égales, un médecin doit prescrire au moindre coût", explique le député Yves Bur (UMP, Bas-Rhin), coauteur de l’amendement. C’est en raison de ce principe que la Mutualité Française appelle depuis de nombreuses années à la promotion des génériques, faisant ainsi figure de pionnière dans ce combat. "L’enjeu est de quelques dizaines de millions d’euros, mais il va grimper car de nombreux brevets expirent entre 2010 et 2013", précise cet élu, également rapporteur du PLFSS.

Dans les faits, les visiteurs médicaux parviennent souvent à convaincre les médecins de ne plus prescrire un ancien produit génériqué, mais une nouvelle molécule plus performante de la même classe thérapeutique, notent Les Echos. Le quotidien cite l’exemple "flagrant" du Mopral® (ulcères, reflux gastriques). Ce médicament, dont le brevet est tombé dans le domaine public, est souvent remplacé dans les prescriptions par l’Inexium®, "un des produits les plus lucratifs du marché français". Selon les experts, cités par Yves Bur, cette substitution n’apporte pas d’amélioration dans la plupart des cas…

"Trop de praticiens privilégient les médicaments récents plutôt que les molécules génériquées, bien que leur efficacité thérapeutique soit équivalente", a regretté Jean-Pierre Door, député UMP, l’autre auteur de l’amendement (Les Echos). "Ce déplacement des prescriptions vers des médicaments en dehors du répertoire des génériques représente un surcoût de plusieurs dizaines de millions d’euros par an pour l’assurance maladie", a renchéri Yves Bur.

Toujours dans le domaine du médicament, les députés ont adopté un amendement prévoyant que les éléments non essentiels du princeps (forme galénique, couleur, saveur) ne bénéficient pas de la protection des droits conférés par un brevet d’invention. L’objectif étant de favoriser l’acceptation des génériques, notamment par les personnes âgées, explique Le Figaro-économie.

Un nouveau plan cancer
Nicolas Sarkozy doit présenter aujourd’hui à Marseille le nouveau plan cancer. Le président de la République devrait insister sur la recherche et sur les moyens de réduire les inégalités sociales et régionales en matière de prévention et de dépistage, estime Le Figaro (page 14). Le Pr Jean-Pierre Grünfeld, auteur du rapport remis au président de la République, suggère entre autres de "cibler des ressources supplémentaires vers les territoires les plus touchés et les personnes les plus vulnérables".

La lutte contre le tabagisme devrait constituer un axe majeur de ce nouveau plan, avance Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). La hausse de 6% du prix des cigarettes, décidée par les députés, pourrait être reconduite chaque année, comme le souhaite la ministre de la Santé. Les associations de lutte contre le tabagisme espèrent que le chef de l’Etat fera d’autres annonces dans ce sens, comme l’inclusion d’images chocs sur les paquets de cigarettes. Par ailleurs, la Fnath (Association d’accidentés de la vie) appelle à ce que les cancers professionnels soit une "priorité" du nouveau plan, rapporte Libération (page 13).

John Sutton