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Génériques : de grands groupes pharmaceutiques retardent leur mise sur le marché

"Plutôt que de consacrer leurs efforts à développer des médicaments innovants, les grands groupes pharmaceutiques multiplient les recours, parfois illégaux, pour retarder la mise sur le marché de médicaments génériques" : telle est, résumée par Le Figaro daté du samedi 29 novembre (page 24), l'accusation lancée par la Commission européenne en direction de l'industrie pharmaceutique.

Comme le soulignent Les Echos (page 21), il ne s'agit pour le moment que de conclusions préliminaires. Mais le constat dressé par la commissaire à la Concurrence, la Néerlandaise Neelie Kroes, "ne laisse guère augurer de répit pour les laboratoires" dans les mois à venir. Depuis janvier, les "raids surprises" se multiplient chez Sanofi-Aventis, GlaxoSmithKline, AstraZeneca, Pfizer, Wyeth, Merck et Johnson et Johnson dans le but d'éclaircir leurs pratiques. Et la semaine passée, ce sont l'Israélien Teva et le Français Servier qui ont été à leur tour perquisitionnés.

La Commission a passé en revue un échantillon de 219 médicaments avant de tirer les conclusions de son rapport de 426 pages, qui fera l'objet d'une consultation publique jusqu'à la fin janvier. Elle épingle ainsi "les multiples pratiques d'obstruction auxquelles se livrent les géants de la pharmacie", explique le journaliste Pierre Avril dans Le Figaro. Une accusation réfutée par la Fédération européenne des industries pharmaceutiques (EFPIA), qui parle de "cas isolés".

Parmi les pratiques contestées : la multiplication artificielle des brevets. La Commission a, par exemple, relevé que 1.300 brevets auraient été déposés pour un seul médicament afin de retarder la mise sur le marché de sa copie générique. Les enquêteurs ont par ailleurs constaté que certains laboratoires négocient régulièrement "des règlements à l'amiable avec les génériqueurs pour tenter de les dissuader de commercialiser leurs molécules".

Au total, "si les grands laboratoires n'avaient pas cherché à protéger indûment leurs molécules", les économies réalisées grâce aux génériques auraient été de 17 milliards d'euros, et non de 14 milliards, observe Le Figaro. Cette perte de 3 milliards vaut sur la période 2000-2007 et couvre 17 pays de l'Union.

Sida : vingt ans de lutte
Il y a vingt ans, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) décidait de faire du 1er décembre la journée mondiale contre le sida. Aujourd'hui, indique Le Journal du dimanche (page 12). près de 33 millions de personnes sont touchées dans le monde par cette maladie. Pour Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, le fléchissement de la mortalité, constaté l'an dernier, ne rend pas la situation pour autant acceptable. Dans certains pays d'Europe de l'Est ou d'Asie centrale, l'épidémie continue en effet de se propager à grande vitesse.

En France, rapportent Les Echos (page 10), la maladie progresse à raison de 7.000 à 8.000 nouveaux cas par an. Près de 120.000 personnes sont aujourd'hui traitées par les services médicaux et 82% d'entre elles reçoivent des traitements antirétroviraux. "Grâce aux trithérapies, plus de la moitié des patients traités dans l'Hexagone ont une charge virale devenue indétectable", explique le quotidien.

Selon un document de l'Institut de veille sanitaire (InVS), l'épidémie en France n'en reste pas moins inquiétante, surtout dans la communauté homosexuelle. En effet, rapporte Libération (page 17), "pour un sous-groupe à risque estimé à 300.000 personnes, il y a 2.250 nouvelles contaminations". Le taux est 90 fois moindre chez les hétérosexuels, puisque l'on compte 6 à 8 nouvelles contaminations pour 100.000 personnes.

Frédéric Lavignette