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Génériques à la traîne : « Les laboratoires sont responsables »

En Grande-Bretagne ou en Allemagne, les médicaments princeps sont "substitués" dans trois cas sur cinq par des génériques, explique Le Journal du dimanche (page 21). En France, cette substitution est moins fréquente et les ventes de génériques ont même baissé en 2011. Dans un entretien publié dans l'hebdomadaire, Etienne Caniard "tape du poing sur la table" : "C'est uniquement en raison du poids de l'industrie pharmaceutique et de son influence dans le monde médical et politique que nous connaissons cette situation unique en Europe », dénonce le président de la Mutualité Française.

Pour lui, les laboratoires sont en effet "les premiers responsables" de cette exception française. Ils "fournissent souvent leurs produits dans les hôpitaux à des prix très bas et parfois les distribuent même gratuitement, une spécificité nationale. Et lorsqu'un patient sort avec une ordonnance, il est fréquent que le médecin reconduise la prescription sans se poser de question", détaille Etienne Caniard.

Fin août, une pharmacie des Deux-Sèvres avait été sanctionnée par l'assurance maladie, au motif qu'elle ne délivrait pas suffisamment de génériques, contrairement à ce que prévoyait l'accord national tiers payant contre génériques. "Est-ce bien raisonnable ?", interroge Marie-Christine Tabet du JDD. Rappelant que ce type de sanction n'est entré en vigueur que "depuis quelques semaines", Etienne Caniard indique qu'en un mois, "le taux de substitution du princeps par un générique aurait progressé de huit à dix points". Et d'ajouter : "Je regrette qu'il faille choisir la voie coercitive, mais nous n'avons plus les moyens de tergiverser."

"Les génériques sont-ils aussi fiables qu'on le prétend ? Même l'Académie de médecine émet des doutes …" "Oui, ils sont très fiables, affirme le président de la Mutualité Française. […]. Quant au rapport que vous évoquez, je ne pense pas qu'il ait fait l'unanimité au sein de l'institution, tant sur la rigueur scientifique qu'en matière de conflits d'intérêts."

Quid, enfin, de la liberté de prescription des médecins ? "Le scandale du Mediator® a montré qu'ils utilisaient parfois ce droit sans en mesurer toutes les conséquences, souligne Etienne Caniard. […]. Ils doivent reconquérir leur liberté vis-à-vis de l'industrie, et cela se traduira sans aucun doute par une augmentation des prescriptions de médicaments génériques."

Protection sociale : Hollande annonce une réforme complète
Le président de la République, a annoncé hier soir, au 20 heures de TF1, qu'il comptait réaliser 30 milliards d'euros d'économies l'an prochain : 20 milliards de hausses d'impôts, dont la moitié provient des entreprises et l'autre des ménages, et 10 milliards d'économies sur le fonctionnement des ministères. Pour réformer le financement de la protection sociale, le chef de l'Etat a indiqué que Louis Gallois, ex-patron d'EADS, et commissaire général à l'Investissement, remettra "au mois d'octobre" un rapport sur la compétitivité, qui abordera notamment cette question, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 3).

François Hollande n'écarte aucune piste. Cependant, il a précisé que "les salaires ne doivent pas être les seules bases d'application du prélèvement pour financer notre avenir", rapporte le site Internet du Monde (www.lemonde.fr). Il fera des propositions pour qu'il y ait une réforme complète du financement de la protection sociale. Le président n'exclut pas une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), mais il a aussi évoqué un "prélèvement écologique qui puisse se substituer aux prélèvements sur le travail", note Le Parisien. "Tout sera décidé d'ici la fin de l'année" et "mis en œuvre" en 2 013. Enfin, François Hollande a confirmé l'augmentation, le 7 octobre, de la taxe sur les cigarettes (+7%). Il a également annoncé un relèvement sensible des taxes sur les bières, qui pourraient rapporter 200 millions d'euros supplémentaires.
John Sutton