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Gauche : majorité en vue

Les résultats favorables au Parti socialiste du premier tour des élections législatives peuvent lui laisser espérer la majorité absolue à l'Assemblée nationale. L'ensemble de la presse nationale consacre sa "une" à l'avance de la gauche. "Avantage à la gauche", constate La Croix, qui note "une abstention plus forte qu'en 2007". "La gauche prend un net avantage", renchérit Le Parisien/Aujourd'hui. "La gauche plus forte", pour Libération, qui estime que le PS "est assuré de la majorité avec Europe Ecologie-Les Verts". "La gauche vire en tête", se réjouit L'Humanité, qui souligne qu'avec 7% des voix, "le Front de gauche peut obtenir un groupe parlementaire à l'Assemblée". Enfin, seul parmi tous, Le Figaro souligne que "La droite met en garde contre un Etat PS", et rapporte que "les ténors de l'UMP appellent les Français à ne pas donner un chèque en blanc" au parti majoritaire.

François Hollande est en bonne voie pour disposer d'une majorité absolue à l'Assemblée le 17 juin après le large succès de la gauche hier, totalisant près de 47% des voix, contre 34% à l'UMP et à ses alliés et 13,6% pour le Front national.

"A plus de 40%, l'abstention atteint un niveau historique" pour des élections législatives sous la Ve République, souligne Le Figaro (page 2). La faible participation réduit le nombre des triangulaires, dimanche prochain, à 46, dont 32 en présence du FN.

Réélu dès le premier tour en Loire-Atlantique, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué ces résultats et appelé les Français à se mobiliser au second tour pour que "le changement s'installe dans la durée". S'il échoue à décrocher la majorité absolue à lui tout seul, le PS pourra compter sur l'apport de 10 à 20 députés d'Europe Ecologie-Les Verts. En revanche, "Mélenchon ne sera pas au second tour", regrette L'Humanité (page 4). Le candidat du Front de Gauche dans la circonscription d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), arrive en troisième position derrière le candidat socialiste Philippe Kemel, et Marine Le Pen.

"Les jeux ne sont pas si faits que cela", veut croire Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, qui a appelé à la "mobilisation générale des Français, qui ne veulent pas que tous les œufs soient mis dans le même panier". L'UMP devra se positionner face au Front national pour le second tour.

Outre Jean-Marc Ayrault, cinq ministres ont été élus au premier tour sur les vingt-cinq qui se présentaient aux législatives. Marisol Touraine, ministre de la Santé, candidate en Indre-et-Loire, aborde le second tour en ballotage favorable, annonce Libération (page 8). Michèle Delaunay, ministre chargée des Personnes âgées et de la Dépendance, arrive en tête en Gironde avec 43,5%, note Le Figaro (page 9). De son côté, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées, est arrivée en tête (34,43%) dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône devant le député UMP sortant Renault Muselier (32,45%), élu depuis 1993, précise Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Enfin, Benoît Hamon, ministre de l'Economie sociale et solidaire, candidat dans la 11e circonscription des Yvelines, arrive en tête avec 45,86% des voix, devant le député UMP sortant.

Dans la 2e circonscription de l'Aisne, Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé du gouvernement Fillon, arrive en tête avec 38,89%, contre 35,47% à la candidate socialiste Anne Ferreira. Le candidat du Front national, Yannick Lejeune, étant éliminé du second tour, il n'y aura "pas de remue-ménage à trois pour Xavier Bertrand", ironise Libération (page 12).

L'avenir est aux réseaux de soins
En trois ans, les charges qui pèsent sur les mutuelles ont augmenté de 3,5% à 8% par an, rappelle le site Le Journal du Net. En cause : la hausse des taxes appliquées aux mutuelles (+ 11,4% en quatre ans), les déremboursements de la Sécurité sociale et l'augmentation des dépenses de santé des Français.

Parmi ces dernières, l'optique et le dentaire pèsent lourd. Les devis dentaires notamment connaissent "des différences de prix injustifiables", dénonce le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard. "Dans le passé, certains contrats ont pu rembourser des prothèses sur la base des coûts réels, ce qui a conduit certains praticiens à facturer au prix fort leurs prestations et à entretenir une logique inflationniste, précise-t-il. Ces pratiques ont disparu, mais il faut aujourd'hui aller plus loin."

Plutôt que d'augmenter davantage les cotisations ou de baisser les garanties, les complémentaires santé ont trouvé une autre solution : créer des réseaux de soins. Grâce aux accords avec les professionnels de santé, les tarifs d'optique peuvent ainsi baisser de 15 à 30%, ceux du dentaire jusqu'à 20%. Chaque réseau fixe ses propres règles de conventionnement.

La MGEN a choisi des réseaux "fermés" avec un numerus clausus appliqué aux professionnels de santé : sur les 6 500 opticiens qui ont répondu à son appel d'offre, seuls 1 900 ont été retenus. Une façon de limiter la prolifération des points de vente, "par nature inflationniste", souligne Etienne Caniard.

La loi Fourcade, qui permettait aux mutuelles de minorer leurs remboursements en dehors de leurs réseaux, a été largement rabotée par le Conseil constitutionnel en août 2011, rappelle journaldunet.com. Une "censure" dénoncée par Etienne Caniard, qui y voit la conséquence du "lobbying intensif" des opticiens et des fabricants de verres de lunettes.

Les mutuelles souhaitent retrouver la liberté de contractualiser avec les professionnels de santé. Elles espèrent un geste du nouveau gouvernement, qui pourrait débloquer la situation avec un nouveau texte de loi. Les réseaux de soins ont un bel avenir devant eux. Outre les secteurs optique et dentaire, la MGEN a agréé plus de 2 000 hôpitaux et cliniques privées, tandis que Santéclair a conventionné 200 diététiciens et compte lancer un réseau d'ostéopathes d'ici à la fin 2012.
John Sutton