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Fumer pour maigrir ? C’est la santé qui part en fumée !

De nombreuses jeunes femmes se mettent à fumer dans l’espoir de perdre quelques kilos. Attention : les inconvénients sont bien plus nombreux que les "avantages" supposés. La cigarette ne doit pas être utilisée comme un régime amaigrissant. Une alimentation équilibrée associée à de l'activité physique est bien plus efficace.

Le "syndrome Kate Moss" a encore frappé ! Inspirées par l’ancien top model filiforme, de nombreuses jeunes femmes semblent prêtes à tout pour éliminer les kilos qui débordent de leurs jeans. Y compris se mettre à fumer.

"C’est un discours qui revient assez souvent en consultation, soupire Maryse Zaleski-Zamenhof, médecin tabacologue dans les Hauts-de-Seine. Lorsque je demande à mes jeunes patientes ce qui les a poussées vers la cigarette, certaines m’avouent en fixant leurs chaussures qu’elles espéraient perdre du poids !"

Leur raisonnement est simple, voire simpliste : puisqu’arrêter de fumer fait parfois grossir, se mettre à fumer doit permettre de maigrir. CQFD. Quel est le lien entre la prise de poids et la consommation de tabac ? La Dre Zaleski-Zamenhof décrypte : "La nicotine accélère le métabolisme et brûle environ 200 calories par jour. Elle augmente également le taux de glycémie dans le sang, ce qui a un effet anorexigène : on a moins faim."

Il est donc exact que fumer "aide" à moins manger et "brûle" des calories. Mais cet effet reste marginal : "Il est beaucoup plus efficace, par exemple, d’aller chercher sa baguette tous les jours sans prendre sa voiture !", conseille-t-elle. Et surtout, le bénéfice éventuel est négligeable par rapport aux inconvénients.

"Le tabac virilise la silhouette !"
"Quelle que soit la raison pour laquelle on se met à fumer, les dangers de la cigarette sont les mêmes, résume Catherine Minot, coordinatrice de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT). On devient dépendant et on dégrade sa santé."

En consultation, Maryse Zaleski-Zamenhof n’hésite pas à secouer ses jeunes patientes trop naïves : "Si elles se préoccupent de leur beauté, je leur rappelle que la consommation de tabac abîme la peau, change la voix et virilise la silhouette en modifiant le positionnement des graisses dans le corps !"

Problème : après avoir commencé à fumer, même si les résultats obtenus ne sont pas au rendez-vous, ces jeunes femmes n’osent plus arrêter… par crainte de prendre du poids. Et le tabagisme s’installe dans la durée.

La prise de poids est-elle inéluctable lorsqu’on cesse de fumer ? Catherine Minot se veut rassurante : "La vérité statistique, c’est qu’un tiers des personnes qui redeviennent non-fumeuses ne prennent pas un gramme. Les autres prennent deux à trois kilos en moyenne. Et ce n’est pas une fatalité !"

Le message est clair : la cigarette ne doit pas être utilisée comme un régime amaigrissant. "Il existe de nombreux moyens pour perdre les kilos inesthétiques, insiste le Dr Robert Benchétrit, médecin généraliste à Antibes. Manger équilibré et faire du sport, c’est la recette miracle pour s’affiner sans abîmer son organisme !"

Cédric Portal

Arrêter de fumer sans grossir : c’est possible
Lorsqu’un fumeur cesse de fumer, plusieurs phénomènes se conjuguent. "Certains cherchent à compenser un plaisir perdu – la cigarette – par un plaisir nouveau : la nourriture, explique Maryse Zaleski-Zamenhof, médecin tabacologue. D’autres sont en quête d’une activité susceptible de remplacer le moment de la clope et choisissent le grignotage."

De plus, "les fumeurs mangent souvent plus gras et plus riche que la moyenne. Pour une raison simple : le tabac altère la qualité des papilles gustatives. Ils apprécient les goûts prononcés : plutôt gibier en sauce que haricots verts", souligne Catherine Minot, coordinatrice de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT).

Mais il est relativement facile de prévenir ces dérives. "En utilisant un substitut nicotinique, on élimine la sensation physique de faim, assure Catherine Minot. Il suffit ensuite de se fixer des règles de bon sens : équilibrer son alimentation, s’interdire tout grignotage et bouger davantage."

Ce passage est facilité par le développement du goût qui permet d’apprécier des saveurs plus subtiles et des aliments moins caloriques. L’aide d’un nutritionniste peut être utile.

"Il est également plus aisé de pratiquer une activité physique lorsqu’on retrouve le souffle dont le tabac vous avait privé, conclut la Dre Zaleski-Zamenhof. Et l’on découvre très vite que le sport génère des endomorphines, ces fameuses hormones du plaisir qui justifient tous ces efforts !"