François Hollande promet un « accès aux soins partout et pour tous »

François Hollande présente aujourd'hui sa "plateforme présiden­tielle" à la Maison des métallos, "ex-haut lieu du syndicalisme ouvrier à Paris", précise Libération (page 9). Le quotidien souligne que l'équipe du candidat a "peaufiné" la présentation du projet "dans la plus grande discrétion". "Les soixante propositions de Hollande", titre la "une" du Parisien/Aujourd'hui, qui "dévoile et décrypte" le programme du PS, qui sera imprimé à 15 millions d'exemplaires. Les propositions n° 18 à 21, qui concernent la santé et la protection sociale, ont pour principal objectif de garantir "l'accès aux soins partout et pour tous".

Pour maîtriser les dépenses de santé, le candidat socialiste promet "d'augmenter la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes" et d'"encadrer" les dépassements d'honoraires, sans préciser comment.

Pour en finir avec les déserts médicaux, François Hollande propose "une meil­leure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire". Mais "il ne de­mande plus aux jeunes médecins d'exercer dans une zone de santé prioritaire pendant les premières années", souligne le commentaire du Parisien (page 3). La baisse du prix des médicaments sera "favorisée". Il s'engage aussi à supprimer "le droit d'entrée dans le dispositif de l'aide médicale d'Etat".

Le candidat socialiste devrait également annoncer qu'il engagera "une réforme de la dépendance". Concernant les retraites, selon Le Parisien, il devrait confirmer que "tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouveront le droit de partir à cet âge, à taux plein". Une négociation globale, s'engagerait "dès l'été", sur la pénibilité, l'âge légal de départ et le montant des pensions.

Hôpitaux : la FHP dénonce les "gaspillages continuels"
Dans un Livre blanc aux allures de brûlot, la Fédération hospitalière privée (FHP) s'en prend violemment aux dérives financières des hôpitaux publics et lance le débat, à 90 jours de la présidentielle, annonce en exclusivité Le Parisien/Au­jourd'hui (page 9). Dans ce "coup de gueule" contre ce qu'elle qualifie de "gaspillages continuels", la FHP cite en exemple l'hôpital de Lens, qui aurait reçu en trois ans 46 millions d'euros d'aide pour boucler son budget. A Marseille, le renouvellement du parc informatique aurait coûté la bagatelle de 22 millions d'euros ! Quant au budget de construction du gigantesque hôpital d'Evry-Corbeil (Essonne), inauguré il y a trois jours, il serait passé de 500 à 600 millions d'euros.

Le Parisien prend soin de rappeler que la FHP, qui représente les cliniques privées, est à la fois "juge et partie quand elle dénonce ses petits camarades du secteur public". "Le déficit des hôpitaux public avoisine les trois milliards d'euros, on ne peut pas continuer comme ça", estime Lamine Gharbi, principal artisan du Livre blanc de la FHP. Dans une interview, il réclame "la publication de la liste de tous les hôpitaux déficitaires depuis cinq ans" et "la mise sous tu­telle provisoire de ces établissements". "Et pourquoi ne pas confier au privé les établissements en déficit chronique important ?", ose ce patron d'un groupe de cliniques privées.
John Sutton