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François Hollande pose ses jalons

D’ici au 17 juin, date du second tour des élections législatives, le "changement" socialiste se fera d’abord par décrets. De cette prochaine échéance électorale, le nouveau président de la République espère en effet obtenir une majorité parlementaire qui lui permettra d’agir plus librement.

Dans les trois prochaines semaines, un certain nombre de mesures sociales sont au programme de l’agenda de François Hollande. Mais avant tout, rappellent Les Echos (page 2), dans la foulée de la passation de pouvoirs et de son investiture à l’Elysée, le nouvel élu devra annoncer le nom de son Premier ministre : ce sera le 15 mai, veille du premier Conseil des ministres et de sa visite à Berlin pour rencontrer Angela Merkel.

Deux jours plus tard, il rejoindra le G8 et le 23 mai, poursuit La Croix (pages 2 et 3), le chef de l’Etat se rendra à Bruxelles pour une réunion extraordinaire avec les dirigeants européens en faveur de la croissance. Ces rencontres internationales seront rythmées par la mise en œuvre des premières mesures annoncées dans son programme. Parmi elles, un certain nombre consiste à "défaire" celles de son prédécesseur, indiquait hier Le Figaro (page 29).

"La liste des dispositions adoptées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, et que le président élu promet d’abolir, compte des mesures ayant un impact majeur sur les finances publiques, le coût du travail ou la fiscalité." Alors que certaines vont être définitivement suspendues, d’autres subiront des aménagements, à l’exemple de la taxe sur les complémentaires santé qui pourrait être "modulée".

François Hollande, explique le quotidien, "s’est gardé de promettre la disparition de cette taxe, inexistante il y a deux ans et qui rapporte désormais 2 milliards par an". En contrepartie, "il a plutôt promis à la Mutualité Française une taxation fortement différenciée selon le contenu des contrats". Ainsi, les contrats qui ne "majoreraient pas trop" les cotisations des seniors ou qui encourageraient les adhérents au respect du parcours de soins, pourraient bénéficier d’avantages fiscaux.

Le dispositif des heures supplémentaires pourrait être, quant à lui, raboté "sévèrement", poursuit Le Figaro. Seule l’exonération de charges dans les entreprises de moins de 20 salariés serait conservée, pour un gain de 3 milliards d’euros par an réalisé auprès de 1,5 million d’entreprises.

La réforme des retraites sera aussi "en partie détricotée". Les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans pourront notamment percevoir une pension à 60 ans s’ils ont cotisé "assez pour avoir droit à une retraite à taux plein, soit 41 ans aujourd’hui, 41,5 ans pour la génération née en 1955 et après", précise La Croix.

Alors que le barème de l’impôt sur le revenu est gelé pour deux ans, et que l’ancien barème de l’ISF est rétabli, la TVA dite "sociale" ne verra pas le jour. Adoptée en mars, rappelle Le Figaro, "elle devait entrer en vigueur le 1er octobre. Le taux normal de TVA restera donc à 19,6% au lieu de passer à 21,2%".

D’autres mesures significatives de la majorité sortante seront retoquées. "Pour tourner le dos au sarkozysme dans les politiques publiques", souligne L’Humanité (page 5), la Révision générale des politiques publiques (RGPP), et notamment le non-remplacement d’un départ en re­traite sur deux chez les fonctionnaires, sera arrêtée. Enfin, "une partie des dépenses publiques seront gelées jusqu’au rapport de la Cour des comptes fin juin, afin de s’octroyer des marges de manœuvres".

Cécité : deux médicaments identiques… sauf leur prix
Même bénéfices mais pas vraiment le même prix. Pour lutter contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), il existe actuellement le Lucentis®, produit qui doit être injecté tous les mois dans l’œil au prix de 1.100 euros la dose. Le second, l’Avastin®, "copie quasiment conforme du premier et utilisé de la même manière", indique Le Figaro (page 11) ne coûte que 30 euros par injection mais il n’est pas autorisé par l’Agence du médicament dans cette indication. "Au­jourd’hui, du fait de l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de personnes concernées, le Lucentis® repré­sente le septième poste en termes de coût pour l’assurance maladie", précise le quotidien.

Des essais comparatifs entre ces deux médicaments ont été lancés par les autorités sanitaires britanniques. Leurs conclusions, présentés le 6 mai, confirment "la similitude totale des deux molécules tant en ce qui concerne l’efficacité que les effets secondaires". Désormais, comme l’écrit Le Figaro, "la balle est dans le camp des autorités sanitaires qui, même si elles vont mécontenter les firmes pharmaceutiques, doivent prendre les décisions qui s’imposent face à tant d’évidence".
Frédéric Lavignette