François Hollande annonce une concertation sur la protection sociale au printemps

Le président de la République a annoncé hier qu’"une concertation sur le financement des retraites comme de la protection sociale" s’ouvrirait "au printemps", lors de ses voeux aux "forces vives", en présence des dirigeants syndicaux et patronaux, rapportent Les Echos (page 2). Concernant les retraites, François Hollande n’a pas caché son inquiétude sur la situation finan­cière à court terme (20 milliards d’euros de déficit d’ici à 2020), alors que les perspectives à moyen et à long termes semblent moins alarmantes.

Le chef de l’Etat a également annoncé la tenue d’une deuxième conférence sociale en juillet prochain, note Le Figaro-économie (page 21). Elle portera notamment sur "la qualité de vie au travail, l’égalité professionnelle hommes-femmes, l’amélioration de notre système de formation professionnelle", a-t-il précisé.

Enfin, François Hollande est longuement revenu sur l’accord sur la "sécurisation de l’emploi", signé le 11 janvier entre les partenaires sociaux. "Cet accord fera date", a-t-il estimé, car "c’est le premier depuis quarante ans sur tous les sujets de l’emploi", rapporte Le Figaro-économie. Pour le président de la République, les nouveaux droits accordés aux salariés marquent "un progrès", mais il précise que la taxation accrue des CDD ne constitue à ses yeux qu’une "étape encore insuffisante contre la précarité", soulignent Les Echos. Conformément aux engagements pris, le gouvernement va saisir le Parlement en mars pour que l’accord soit retranscrit dans la loi.

Dépassements : menaces des syndicats de médecins
Après une réunion hier à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), la définition des modalités d’application de l’accord du 25 octobre sur les dépassements d’honoraires n’avance pas, selon Le Figaro-économie (page 21). Après avoir signé cet accord, le Syndicat des médecins libéraux (SML) a boudé la séance de concertation tandis que la CSMF en est ressortie en menaçant "d’entrer en résistance".

Les deux syndicats de médecins reprochent notamment au directeur de la Cnam, Frédéric van Roekeghem, d’interpréter le texte de l’accord de façon trop sévère. Une réunion de conciliation est prévue dans deux semaines. Selon l’estimation du directeur de la Cnam, 1.500 médecins pourraient être sanctionnés pour des tarifs jugés "abusifs", parce qu’ils dépassent de 150% en moyenne le tarif remboursable par la Sécurité sociale.

C’est encore trop pour les syndicats de médecins, qui évaluaient à cinq fois moins le nombre de médecins visés par les sanctions. La CSMF menace carrément de "bloquer le fonctionnement de tout dispositif destiné à sanctionner systématiquement les médecins", dans le cadre des commissions paritaires régionales, "afin que tous les cas soient renvoyés à l’arbitrage de la commission paritaire nationale", rapportent Les Echos (page 4).

John Sutton