François Fillon incite les personnels de santé à se faire vacciner

Le Premier ministre a annoncé hier que la campagne de vaccination contre l'épidémie de grippe A débutera, à la mi-octobre, par les personnels de santé, qu'il a vivement incités à se faire vacciner. "Je fais appel à la responsabilité de chacun, et notamment, parce que c'est le plus important, à celle des personnels de santé. Nous avons besoin d'eux pour protéger l'ensemble des Français", a déclaré François Fillon, cité dans Les Echos (page 6).

Plusieurs enquêtes récentes ont montré qu'une part importante des personnels soignants hésitait encore à se faire vacciner. Un sondage Ifop, publié dans Le Quotidien du médecin de lundi, indique que seulement la moitié des médecins libéraux étaient prêts à le faire.
Reprenant, à quelques détails près, les recommandations du Haut Conseil de la santé publique, le chef du gouvernement a dressé la liste des personnes prioritaires pour cette campagne, dont il a précisé qu'elle se ferait de manière "collective", dans des lieux publics, sous l'autorité des préfets et des services de santé, et non pas dans les cabinets des médecins généralistes.

En tête, figurent donc les personnels de santé de réanimation néonatale et pédiatrique, puis le personnel médical et paramédical des hôpitaux, ainsi que les médecins et les infirmières libérales exposés à des patients grippés, rapporte La Tribune (page 7). Viennent ensuite les femmes enceintes, suivies de l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois, des professionnels chargés de l'accueil de la petite enfance, des nourrissons de 6 à 23 mois avec facteurs de risque, et des sujets de 2 à 64 ans avec facteurs de risque. Enfin, en bas de la liste, on trouve les personnes âgées de plus de 65 ans avec facteur de risque, les moins de 18 ans et les adultes sans facteur de risque.

"Il n'y a pas de retard dans la livraison des vaccins", assure la ministre de la Santé, dans Le Monde (page 22). "La question n'est pas la livraison des vaccins, nous en avons déjà reçu, mais l'obtention des autorisations de mise sur le marché", précise Roselyne Bachelot. L'Agence européenne des médicaments devrait rendre ses conclusions aujourd'hui sur les procédures de mise sur le marché pour les vaccins de GSK, Novartis et Baxter, annonce La Tribune.

Seules précisions apportées par la ministre de la Santé sur la disponibilité des vaccins : "vers le 9 octobre", la France devrait disposer de 1 à 1,2 million de doses provenant du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), et de 12.000 des 50.000 doses commandées chez Baxter, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 7). Selon une enquête TNS Sofres/Logica, rendue publique hier sur Europe 1,65% des Français n'envisageraient pas de se faire vacciner contre la grippe A.

Sécu : trouver de nouvelles recettes
"Nous devrons non seulement rationaliser les dépenses [de santé], mais aussi trouver des recettes supplémentaires. Si aucune forme d'augmentation des cotisations ou d'amélioration des recettes n'est envisagée, nous ne pourrons pas maintenir l'assurance maladie dans ses missions actuelles", déclare Jean-Pierre Davant dans un entretien à L'Argus de l'assurance du 25 septembre (page 12).

"La Sécurité sociale ne peut pas reposer uniquement sur la base de la richesse produite par le travail, estime le président de la Mutualité Française. (..) Il faudra, à un moment ou un autre, ouvrir un grand débat avec l'ensemble des partenaires sociaux, c'est inéluctable." Il dénonce à nouveau la hausse du forfait hospitalier car "ce n'est pas une mesure structurante pour l'évolution du système de santé" et parce qu'"elle ne comblera pas le déficit de la Sécurité sociale". Interrogé sur les déremboursements de médicaments envisagés par le gouvernement, Jean-Pierre Davant rappelle la "doctrine" de la Mutualité en la matière : "Si un médicament est utile, il doit être remboursé correctement. S'il a un service médical rendu (SMR) insuffisant, il serait préférable qu'il ne soit pas prescrit. Et dans ce cas, il n'y a pas de raison qu'il soit pris en charge par la collectivité."
John Sutton