Fonction publique : les raisons de la grève

A l'appel de trois syndicats, cinq millions de fonctionnaires sont appelés à manifester aujourd'hui. Par conséquent, des perturbations sont prévues dans l'enseignement, les hôpitaux ou encore les services communaux, car nombreux sont les salariés à s'inquiéter du devenir du service public.

Dans le "collimateur" des grévistes, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), figurent en premières places la baisse du pouvoir d'achat et la suppression de 100.000 postes. La promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, celle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, est donc toujours contestée par les syndicats.

Hier, le ministre de la Fonction publique a indiqué que cette étape était nécessaire : "On ne peut pas faire autrement. Le service public doit être à la fois moins coûteux et plus performant", a déclaré Eric Woerth. Si cette règle est appliquée jusqu'en 2012, observe un syndicaliste dans La Croix (page 19), "on aura supprimé 250.000 à 300.000 emplois sous la législature Sarkozy rien que dans la Fonction publique d'Etat".

Les ministères les plus riches en effectifs sont ceux qui fournissent "le gros des suppressions d'emplois", indique le quotidien. En 2010, il y a eu de la sorte, 16.000 emplois en moins dans l'Education nationale, 8.250 en moins à la Défense, 3.250 à l'Intérieur et 3.020 au Budget. Rien d'étonnant donc à ce que chaque corporation soit préoccupée, souligne Libération (pages 14 et 15). A commencer par l'Education nationale. Les enseignants s'inquiètent notamment de "l'arrivée au collège des enfants du baby-boom de l'an 2000, alors que de nombreux postes ont été supprimés et qu'il faut des années pour former des profs".

Même sentiment d'inquiétude à l'hôpital, ajoute Libération. "Alors que depuis plus de vingt ans, les effectifs de l'hôpital public étaient en progression constante – plus de 100.000 nouveaux postes en dix ans – ils ont été en baisse pour la première fois en 2008", constate ce quotidien. De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) a enregistré une suppression de 1.400 postes en 2008.

Dès lors, "un tabou est tombé", estime le journal : "On supprime aujourd'hui des postes dans les milieux de la santé." Toutefois, nuance Libération, le monde plus vaste du "médico-social" semble épargné par ces coupes.

Retraite : le PS face aux critiques
La première secrétaire du Parti socia­liste s'attire désormais la sympathie de la majorité gouvernementale. Hier, le Premier ministre, François Fillon s'est en effet réjoui du "spectaculaire revirement du Parti socialiste" au sujet de la réforme des retraites. Comme le rappelle La Tribune (pages 2 et 3), Martine Aubry a estimé dimanche, sur RTL, que "l'âge effectif d'ouverture des droits à pension à taux plein" ira "très certainement vers 61 ou 62 ans".

Comme le notent Les Echos (page 2), cette ouverture "sous condition" est critiquée par le Parti communiste, l'extrême gauche, mais aussi par certains socialistes. Pour eux, revenir sur la retraite à 60 ans constitue "un mauvais signal", 60 ans devant rester la norme.
Frédéric Lavignette