Finistère : danger à l’hôpital !

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi, à Carhaix (Finistère), en faveur de leur hôpital et de leur maternité menacés de fermeture. Cet établissement "qui dessert plus de 60.000 habitants au coeur de la Bretagne" est "dans le rouge", avec un déficit pour 2007 de 1,2 million d’euros, explique Le Parisien/Aujourd’hui (page 10). Cette mobilisation souhaitait aussi réagir aux conclusions d’un rapport remis jeudi à la ministre de la santé.

Un "rapport terrible", explique Libération (page 15). Rédigé par le conseiller général des établissements de santé, le Dr Dessailly-Chanson, il "pointe des problèmes majeurs de sécurité pour les patients. Souligne des abus manifestes dans les indemnités de gardes. Enfin, il décortique toute l’ambiguïté du lien de la population avec son hôpital : on le défend, mais on se fait soigner ailleurs".

Ce rapport montre que le service de chirurgie digestive pose, par exemple, un sérieux problème. Sur les 15 lits dont il dispose, le taux de fuite – le nombre de patients qui préfèrent se fait soigner ailleurs – est très élevé : près de 70%. Ce n’est pas tout. Dans ce service, la surmortalité est très élevée. En 2006, la moitié des 28 patients qui ont subi une intervention de chirurgie digestive classique sont décédés. Au niveau national, indique Libération, le taux de mortalité est de 12%.

La maternité est également problématique. En 2007, 245 enfants sont nés à Carhaix, un chiffre en baisse chronique. De plus, le taux de césariennes y est "anormalement élevé" : 17%, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Quant à la sécurité sanitaire, elle n’est pas vraiment assurée. "Si un nouveau-né nécessite des soins l’après-midi ou la nuit, ce sont les sages femmes ou l’anesthésiste qui le voient. Et ce n’est que le lendemain matin qu’un pédiatre le verra... En période de congés, la présence est assurée un jour sur deux."

Cette absence oblige donc à recourir à des intérimaires "payés à prix d’or", poursuit le quotidien. Au tarif de 1.500 euros pour une garde de 24 heures, l’hôpital a ainsi dépensé 700.000 euros en 2007... A cela s’ajoutent les astreintes dont "abusent" certains praticiens. Elles peuvent leur apporter des suppléments de plus de 30.000 euros.

Sur le thème de l’hôpital, Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française, était invité le 26 avril à débattre sur la chaîne locale de la TNT, IDF1, avec Michel Anthony, président de la coordination pour la défense des hôpitaux et des maternités de proximité, des propositions du rapport Larcher. Celles-ci sont "pour la plupart de bon sens", a-t-il fait valoir. "Il faut désormais attendre leur mise en oeuvre. Pour la Mutualité française, les critères de qualité des soins et de réduction des inégalités doivent primer."

Retraite : le programme de la réforme
"Cette fois-ci, le gouvernement Fillon rentre dans le dur en matière de retraites", observe Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3). Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, reçoit aujourd’hui les représentants syndicaux et patronaux afin de leur présenter officiellement son plan pour les retraites. "Peaufiné hier encore et transmis aux partenaires sociaux dans la soirée, ce texte d’une dizaine de pages détaille les intentions du gouvernement sur quatre sujets clefs", expliquent Les Echos (page 4). Il s’agit de la durée de cotisation, le départ anticipé pour carrières longues, la garantie de minima de retraite d’au moins 85% du Smic et l’emploi des seniors.

"La première orientation, à vrai dire, n’est pas une surprise : la durée de cotisation passera de 40 à 41 ans d’ici à 2012", relève Le Figaro (page 21). Cette mesure qui figurait déjà dans la loi Fillon de 2003 ne fait pas l’unanimité chez les syndicats, constate ce quotidien. La CGT et FO souhaitent en effet rester à 40 ans, tandis que "la CFDT dit que ce n’est pas le moment : le nombre de retraités diminuerait mais le nombre de chômeurs augmenterait...". Par conséquent, signalait hier Le Journal du dimanche (page 15), "les syndicats ont réclamé le retrait de cette mesure, en vain".

Pour permettre aux seniors de travailler plus longtemps, le gouvernement devrait, par exemple, annoncer "un assouplissement du cumul emploi-retraite et une levée progressive de la dispense de recherche d’emploi accordées aux plus de 57,5 ans", note La Croix (pages 2 et 3). Côté employeurs, signalent Les Echos, le gouvernement devrait imposer "à compter de 2010, une cotisation supplémentaire aux entreprises n’ayant pas conclu d’accord" sur l’emploi des seniors.

La revalorisation des pensions est également au menu de la réforme. A compter du 1er septembre, elles devraient être augmentées tout comme les pensions de reversion. Actuellement équivalentes à 54% de la retraite du conjoint décédé, ces pensions devraient progressivement être réévaluées à 60% d’ici à 2010.

Frédéric Lavignette