Fin de vie : remise du rapport Sicard

Après cinq mois de réflexion et une dizaine de "débats ci­toyens", le Pr Didier Sicard re­met, ce matin, au président de la République un rapport sur la fin de vie, qui va orienter le débat sur l'euthanasie. "Ce n'est pas un rapport tiède. On va loin, aussi loin qu'on a pu aller…", se félicite, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), l'ancien président du Comité national consultatif d'éthique. "Loin au point de préconiser de légaliser l'eu­thanasie en France ?", interroge le quotidien. C'est tout l'enjeu de ce rapport commandé par François Hollande au lendemain de son élection. L'engagement n° 21 du candidat promettait "une assistance médicalisée pour terminer son existence dans la dignité", "dans des conditions précises et strictes", rappelle Le Figaro (page 15).

Comme dans une majorité de pays européens, l'euthanasie active n'est pas autorisée en France. Mais la loi Leonetti d'avril 2005 a interdit l'acharnement thérapeutique et instauré le droit de "laisser mourir". Les médecins peuvent ainsi administrer des traitements antidouleur pour soulager la souffrance au point d'avoir comme "effet secondaire d'abréger la vie".

La question est de savoir si la France en reste à cette euthanasie passive ou bien si elle fait un pas vers l'euthanasie active, se rapprochant ainsi de la situation néerlandaise, belge ou luxembourgeoise, pays où elle est autorisée, mais strictement encadrée.

"Le rapport Sicard entrouvre la porte au suicide assisté", déplore La Croix (pages 1 à 3), qui s'est procuré le texte. "Très prudent concernant l'aide active à mourir, il considère néanmoins que l'assistance au suicide peut être envisagée dans certains cas de maladie incurable et évolutive", souligne le quotidien catholique (page 2).
Le rapport se montre sévère sur l'attitude des médecins, dénonçant, selon La Croix, "une culture du tout curatif, […], une mauvaise prise en charge de la douleur, malgré des traitements performants, et une surdité face à la détresse psychique et aux souhaits des patients". "Quand on explique aux patients qu'on va privilégier la lutte contre la souf­france à la prolongation de la vie, ils ne demandent plus à mourir", témoigne, dans Le Figaro, le Dr Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs. "Il faut une vraie réflexion collective sur les moyens de limiter l'acharnement thérapeutique", ajoute-t-il.

Enfin, le rapport Sicard révèle surtout "la grande insatisfaction des citoyens" face aux solutions existantes pour l'accompagnement les mourants. Point important : la mission "ne recommande pas de prendre de nouvelles dispositions législatives en urgence sur les situations de fin de vie".

"Le débat promis n'a pas eu lieu", regrette pour sa part Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). "On es­père un miracle, mais on s'attend à un pétard mouillé", ajoute-t-il.

Retraites : le Cor sonne l'alerte
Les réformes des retraites menées jusqu'ici ont permis de réduire le déficit, mais pas de le supprimer, s'alarment Les Echos (pages 1 et 4). Si rien ne change, le système des retraites court une nou­velle fois à la faillite, renchérit Le Figaro-économie (page 21) à propos de l'alerte envoyée par le Conseil d'orientation des retraites (Cor). Si aucun correctif n'est apporté, selon le Cor, "le besoin de financement se creuserait, passant de 14 milliards d'euros en 2011 à 18,8 milliards en 2017". En résumé, "le système de retraite resterait en besoin de financement en 2020". Le déficit des 35 principaux régimes de base et complémentaires varierait de 20,8 milliards d'euros en 2020, pour le scénario le plus optimiste, à 24,9 milliards, pour le plus pessimiste.

"La situation financière serait marquée par le contexte macroéconomique dégradé lié à la poursuite de la crise jusqu'en 2013, puis par l'amélioration progressive escomptée jusqu'en 2020", prévoit le Cor, cité dans Le Figaro-économie. "Les marges de manœuvre sont réduites, car les réformes précédentes ont déjà relevé l'âge de départ et la durée de co­tisation", soulignent Les Echos. Par ailleurs, le Premier ministre réunit ce matin un séminaire gouvernemental sur les dépenses publiques, qui ne devront pas progresser de plus de 0,5 % par an en plus de l'inflation (Les Echos page 6).

John Sutton