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Fillon annonce une concertation sur la protection sociale

Le Premier ministre a indiqué hier que la concertation sur la dépendance serait élargie à toute la protection sociale, expliquant qu’il ne fallait "pas laisser dériver les comptes de l’assurance maladie par démagogie". "Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale, qui associera tous les acteurs : partenaires sociaux, professionnels de santé, mutuelles, assurances, collectivités territoriales", a précisé le chef du gouvernement, lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, rapporte La Tribune (page 3).

Cette concertation, pour laquelle aucune date n’est fixée, devra selon François Fillon "examiner les voies et moyens de réguler les dépenses de santé, de fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et de diversifier les modes de financement", notent Les Echos (page 5). Autant de pistes évoquées à de nombreuses reprises par Nicolas Sarkozy, sans aboutir, remarque ce quotidien. C’est à Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, et à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, que reviendra la tâche d’organiser cette fameuse concertation, précise La Tribune.

Pour le Premier ministre, la réforme des retraites constitue le premier volet de "la sauvegarde et la modernisation de la protection sociale", selon une formule qui laisse la CFTC "dubitative". Une modernisation souhaitée par le président de la République, partisan d’accentuer la part de "responsabilité individuelle" dans la couverture santé.

Même si la promulgation de la loi sur les retraites met fin à toute mobilisation d’ampleur, les syndicats ne semblent pas prêts à renouer le dialogue avec le gouvernement. Dans un entretien à La Tribune (page 4), le secrétaire général de la CGT voit dans le discours de politique générale du Premier ministre "de l’austérité pour les salariés et de nouveaux cadeaux pour les entreprises". "La remise à plat annoncée de la protection sociale, la volonté d’accroître la flexibilité des salariés, le déni sur l’insuffisance du pouvoir d’achat seront autant de conflits possibles", avertit Bernard Thibault.

La santé grève le budget des ménages
"L’augmentation du poids de la santé dans le budget global reste un problème relatif pour 25 % de la population, mais devient un sujet sérieux pour les 50 % qui se situent autour de la moyenne, et un véritable défi pour ceux qui concentrent l’essentiel des dépenses", selon le baromètre santé du cabinet de conseil Jalma, cité dans Le Monde (page 16). "Franchises, forfaits… ces mesures ainsi que la hausse des tarifs des complémentaires obligent les familles à consacrer une part de plus en plus importante de leur budget à la santé. Cela peut aboutir à des reports de soins ou des renoncements", estime Nathalie Tellier, chargée de mission à l’Union nationale des associations familiales (Unaf), qui réclame un débat sur l’évolution des remboursements.

"Le problème de l’inégalité des “restes à charge” est autant un enjeu du débat sur la réforme de l’assurance maladie que son déficit", estime pour sa part Mathias Matallah, président de Jalma. Pour éviter que la situation ne devienne intenable pour les revenus les plus modestes, il prône "la mise sous condition de ressources de la prise en charge à 100% des ALD" et une hausse de cotisation des retraités.

John Sutton