Favoriser les génériques dans tous les départements

Parce que les génériques ne connaissent pas la même popularité dans toute la France, l'assurance maladie vient de signer "un accord avec les trois grands syndicats de pharmaciens". Il vise à encourager les officines de certains départements à délivrer plus fréquemment ces spécialités. Pourtant, au niveau national, le taux de substitution atteint en moyenne 80%. Un bon résultat que l'assurance maladie ne semble pas vouloir améliorer car "on risquerait alors de tuer le marché de la molécule en question. Les prescriptions risqueraient de se reporter sur des produits qui bénéficient encore de la protection de leur brevet, et auxquels on ne peut pas substituer de génériques", rapportent Les Echos (page 2).

Dès lors, la "Sécu" opte pour un encouragement des ventes dans les départements qui se situent en dessous de la moyenne. Il faut dire que les génériques ont parfois du mal à s'imposer. Par exemple, indiquent Les Echos, "lorsqu'un patient présente son ordonnance dans une pharmacie des Deux-Sèvres, on lui délivre la version générique du médicament prescrit dans 85% des cas". En revanche, dans les Bouches-du-Rhône et à Paris, ce même générique est respectivement délivré dans 73% et 67% des cas. Dans les Alpes-Maritimes, l'assurance maladie aspire à faire passer le taux de pénétration de ces médicaments de 74% à 80% d'ici à la fin de l'année.

Pour favoriser la substitution, l'assurance maladie met également l'accent sur 18 molécules qui viennent de perdre la protection de leur brevet, ou qui sont en voie de la perdre. "Pour le Plavix®, par exemple, un antiagrégant plaquettaire de Sanofi Aventis, il faudra atteindre un taux de génériques de 75% en décembre", avertit le journal. En ce qui concerne l'antidépresseur Effexor® et l'antiulcéreux Inipomp®, ils devront atteindre un taux de substitution de 65%. Selon les estimations de l'assurance maladie, toutes ces mesures devraient lui permettre d'économiser 300 millions d'euros cette année, dont 200 millions pour le seul Plavix®.

Un plan contre les AVC
Un plan national contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC) a été présenté la semaine dernière par la ministre de la Santé. Avec 130.000 personnes atteintes chaque année en France, les AVC sont la troisième cause de mortalité pour l'homme et la deuxième pour la femme. De plus, indique Le Figaro (page 9), ils constituent la première cause de handicap acquis de l'adulte et la deuxième cause de démence après la maladie d'Alzheimer. Face à cette réalité, Roselyne Bachelot a annoncé un déblocage de 134 millions d'euros entre 2010-2014 afin d'"inciter la population à prévenir, dépister et traiter les facteurs de risques qui favorisent l'AVC, et réduire le risque de séquelles en apprenant à agir vite face aux premiers symptômes".

Médicaments en accès libre : premiers constats
Depuis juillet 2008, 184 médicaments non remboursés sont en vente libre dans les pharmacies. Cette disposition n'a pas occasionné de grande révolution, même si la moitié des pharmaciens "a joué le jeu en ouvrant un espace dédié et en baissant les marges sur ces médicaments", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui économie (pages 2 et 3).

Selon l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour l'automédication responsable (Afipa), les prix des produits OTC ("over the counter") ont progressé de 2,3% entre 2008 et 2009. Selon les laboratoires, "la cause de cette augmentation est claire", rapporte le quotidien : c'est la mise sur le marché d'Alli®, un traitement pour perdre du poids, qui a globalement entraîné les tarifs vers le haut. Au final, constate Le Parisien/ Aujourd'hui, "si les industriels voient leurs volumes de vente chuter entre 2008 et 2009 (- 2,1%), ils bénéficient d'une légère hausse de leur chiffre d'affaires en valeur (0,2%)".
Frédéric Lavignette