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Faux médicaments, un trafic mondial

Criminalité et risques sanitaires majeurs sont associés au trafic de faux médicaments. C’est l’un des constats du colloque organisé vendredi dernier par la Mutualité Française avec les fondations Chirac et Pierre Fabre. Comme le rapportent Les Echos (page 11), le chiffre d’affaires généré par le commerce des contrefaçons est en constante expansion. Entre 2007 et 2008, il aurait ainsi évolué de + 300 % ! Le phénomène est tel que les Douanes françaises ont créé un observatoire "spécialement consacré aux médicament", souligne le quotidien. Il a notamment pour mission de "localiser les lieux de production et de stockage des médicaments contrefaits, d’identifier les réseaux criminels et les filières d’approvisionnement, d’analyser les modes opératoires des fraudeurs».

Avec le développement d’Internet, le trafic a été considérablement facilité et la gamme de produits s’est élargie. Selon la chef de l’unité "contrefaçon de produits de santé et crime pharmaceutique" d’Interpol, Aline Plançon, "la copie frauduleuse ne se limite plus au Viagra®, aux produits de régime ou aux anabolisants". Désormais, les antibiotiques comme les antiviraux ou les antidépresseurs sont concernés au même titre que les anticancéreux !

En France, précise le journal économique, «l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) n’a été saisie que dans 40 cas pour des problèmes de pharmacovigilance, principalement sur des produits de régime». Il faut dire que les incitations à acheter sur internet sont faibles. Ainsi, le remboursement des médicaments fait perdre de l’attractivité à l’achat en ligne, a expliqué Fabienne Bartoli, directrice adjointe de l’Afssaps.

En revanche, les pays en développement sont davantage atteints par ce trafic. L’Afrique est une cible privilégiée des contrefacteurs de médicaments "en raison de la porosité de ses frontières mais aussi des habitudes culturelles et de la pauvreté qui poussent les populations à acheter les médicaments dans la rue, hors du circuit contrôlé des pharmacies", observe Idrissou Abdoulaye, directeur général du centre hospitalier universitaire de Cotonou (Bénin).

La convention Aeras en voie d’évolution
Les ministères de la Santé, de l’Economie, le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) ainsi que les banques et les assurances négocient actuellement un avenant à la convention Aeras. Cette nouvelle version du dispositif "s’Assurer, emprunter en risque aggravé de santé" entend "renforcer l’information des futurs emprunteurs, en leur indiquant le montant de l’écrêtement dont ils peuvent bénéficier sur la durée du prêt", explique La Tribune (page 4).

Désormais, les malades connaissant ou ayant connu un risque de santé aggravé de santé pourront donc emprunter plus facilement, estime le quotidien. La nouvelle convention envisage en effet de "renforcer les plafonds de revenus en traitant distinctement les célibataires des couples ou bien de prendre en charge intégralement la surprime d’assurance dans le cadre du dispositif d’écrêtement". Les plafonds pour les prêts immobiliers ou pour les crédits à la consommation vont également bénéficier d’une augmentation.

Interrogée par La Tribune, la ministre de la Santé reconnaît que certains points restent encore à régler notamment autour "des nouvelles propositions des assureurs sur des dossiers anonymisés de patients relevant d’une invalidité de 2eme catégorie", autrement dit des personnes incapables d’exercer une activité. Quoi qu’il en soit, l’avenant pourrait être conclu fin novembre. «Il faut qu’au 1er semestre 2011, on ait nettoyé tout ce qui pose souci dans la convention», a prévenu Roselyne Bachelot.

Frédéric Lavignette