Face aux inquiétudes des médecins libéraux, Roselyne Bachelot se veut rassurante

Invitée de l’université d’été du Syndicats des médecins libéraux (SML), la ministre de la Santé a tenu, vendredi, à dissiper "tout malentendu" avec les médecins libéraux, rapportent Les Echos (page 4). "Les interprétations hasardeuses qui ont pu être faites sur le fondement de prétendues mesures jamais portées à ma connaissance, jamais validées (...) comme le retour à la lettre flottante (...) sont tout simplement fallacieuses", a-t-elle indiqué.

Roselyne Bachelot a également rejeté l’idée d’un classement des actes médicaux selon leur "service médical rendu", comme cela se fait déjà pour les médicaments. Cette disposition figure dans une version provisoire du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). "Ces mesures ne font partie ni de mes objectifs, ni de ma stratégie", a-t-elle assuré. Elle a, en revanche, rappelé que le gouvernement "reprenait" les propositions de l’assurance maladie de baisser le tarif de certaines spécialités et qu’une revalorisation des généralistes n’aurait lieu qu’à la condition d’une meilleure maîtrise des dépenses de soins de ville.

Roselyne Bachelot a par ailleurs appelé les médecins à parvenir à un accord dans le cadre des négociations conventionnelles avec l’assurance maladie "sur la régularisation de la démographie médicale et des dépassements d’honoraires". Ces négociations devraient reprendre le 25 septembre.

Si les professionnels de santé ont dû être rassurés par les propos de la ministre de la Santé, l’industrie pharmaceutique n’a pas non plus de quoi être inquiète. "Les taxes sur l’industrie pharmaceutique devraient être stables l’année prochaine", titrent Les Echos (page 4). Ainsi, la taxe sur le chiffre d’affaires devrait se maintenir à 1%. Les laboratoires pharmaceutiques réalisant environ 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le rendement devrait donc atteindre 250 millions d’euros en 2009. Ce prélèvement, qualifié "d’exceptionnel" par la loi, est pourtant reconduit chaque année depuis 2004. Son taux n’a pas varié (1%) depuis 2007.

En voulant maintenir les contributions de l’industrie pharmaceutique à peu près au même niveau qu’en 2008, "le gouvernement confirme que les dépenses de médicaments en ville ne sont pas dans le collimateur actuellement", décrypte un connaisseur du secteur dans Les Echos.

Petite enfance : budget mal utilisé
Selon la Cour des comptes, les 13 milliards d’euros alloués à la garde d’enfants sont mal utilisés, indique Le Monde daté de samedi (page 10). "Face à l’augmentation de la demande due à la natalité, à celle du nombre de familles monoparentales, la forte diminution de la garde en jardin d’enfants et surtout en maternelle n’a pas été compensée par un accroissement suffisant de l’accueil par les autres modes de garde" comme les crèches, déplore la Cour des comptes dans son rapport sur la Sécurité sociale.

Le bilan du congé parental n’est guère plus satisfaisant, car il ne séduit que les femmes peu qualifiées en raison de la faiblesse du montant de cette prestation (530 euros). "La France est l’un des pays de l’OCDE qui consacre le plus de moyens à sa politique familiale et les résultats sont décevants au regard de l’effort financier", confirme la députée Michèle Tabarot, auteur d’un rapport sur la petite enfance.

John Sutton