Explosion des maladies chroniques : l’environnement en cause

Pesticides, perturbateurs endocriniens, pollution industrielle, particules fines du diesel… Et si notre environnement était l'une des causes principales de l'explosion des maladies chroniques ?, s'interroge Le Nouvel Observateur n° 2552 (pages 84 à 96). C'est la thèse développée dans le livre Toxique planète, publié aux éditions du Seuil par André Cicolella, chercheur à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris).

Entre 2003 et 2011 on observe une hausse régionale du nombre réel des maladies. "Il serait intéressant de comprendre pourquoi la Basse-Normandie connaît la plus forte progression du nombre de diabètes dans l'Hexagone alors que celui-ci progresse deux fois moins vite en Midi-Pyrénées, estime le lanceur d'alerte. Pour les AVC, le constat est identique : l'Alsace enregistre une progression huit fois plus rapide que celle de la Corse."

"Comprendre, même partiellement, l'inégalité de ces évolutions permettrait sans doute de beaucoup mieux cerner la déferlante des cancers de la prostate (71 000 nouveaux cas par an) ou du sein (+ 53 000 par an), des maladies cardiovasculaires ou du diabète pour toute la France", explique André Cicolella, dans Le Nouvel Observateur (pages 92 et 93). "Quels changements y a-t-il eu dans ces régions, dans le mode de vie, dans l'environnement, dans le dépistage, interroge-t-il. […] Il est par ailleurs difficile d'expliquer des écarts géographiques aussi amples par des divergences massives de pratiques médicales ou administratives."

"Oui la tendance est là", reconnaît, toujours dans l'hebdomadaire (page 96), Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée. Il a demandé à la Cnam et aux agences sanitaires de compléter "notre connaissance sur les inégalités territoriales de santé". "Il faut voir à plus long terme : les dépenses de l'assurance maladie vont continuer à augmenter si les causes structurelles de l'explosion des maladies chroniques ne sont pas traitées dès aujourd'hui, craint le député socialiste. Le risque est le débordement de tous nos systèmes de protection sociale, risque sur lequel l'ONU a donné l'alerte le 19 septembre 2011." 

L'application de Solvabilité 2 reportée à 2016
Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, a proposé hier que Solvabilité 2, directive encadrant les entreprises d'assurances, ne s'applique plus au 1er janvier 2014 mais au 1er janvier 2016. "Pour étrange que cela paraisse, ce recul est le signe que les choses avancent bien", commentent Les Echos (page 30).

En effet, le rendez-vous de 2014 était de toute façon obsolète depuis des mois, mais Michel Barnier se refusait à confirmer ce délai supplémentaire, tant que les discussions restaient dans l'impasse, explique le quotidien économique. Cette annonce officielle est donc le signe que des progrès ont été accomplis.

Les Etats membres seraient proches d'un accord sur la question la plus épineuse : la correction des effets pervers du renforcement des fonds propres des opérateurs, exigé par Solvabilité 2. "Il ne fallait pas que cela se traduise par une volatilité extrême du bilan des passifs des sociétés d'assurances, à cause des variations des prix des actifs ou des taux d'actualisation", confie un diplomate aux Echos.

Les Européens s'acheminent vers un système "sur mesure", qui doit permettre aux trois principaux marchés de l'assurance (français, allemand et britannique) de lisser les effets de cette réforme. Pour la France, il est essentiel d'introduire un mécanisme d'ajustement de la volatilité, tandis que l'Allemagne a obtenu un régime transitoire.

Un accord entre les 28 Etats membres pourrait intervenir le 9 octobre. Il faudra alors passer aux négociations finales avec le Parlement européen, mais tous les acteurs estiment possible de parvenir à un accord final d'ici à la fin de l'année.

John Sutton