Europe : consommation d’héroïne en hausse

L’utilisation de cocaïne et d’héroïne progresse dans l’Union européenne, tandis que celle de cannabis baisse, notamment chez les jeunes, selon le rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), présenté hier à Bruxelles (Le Monde, page 4). Dans plusieurs pays (Irlande, Italie, Lettonie, Portugal, Royaume-Uni), le nombre de jeunes usagers (15-24 ans) a augmenté de 15% en l’espace d’un an, souligne La Croix (page 10). "La cocaïne et l’héroïne continuent de tenir le devant de la scène européenne et, en l’état actuel des choses, peu d’éléments laissent présager une baisse de leur consommation", s’inquiète Wolfgang Götz, directeur de l’OEDT.

Après une relative accalmie à partir du milieu des années 1990 jusqu’au début des années 2000, les indicateurs de tendance des opiacés (nouvelles demandes de traitement, décès, saisies) montrent "une progression préoccupante", selon le rapport, qui s’inquiète de l’apparition de "nouveaux adeptes" parmi les jeunes, souligne Le Monde. "Là encore, l’effondrement des prix a pu avoir un effet attractif", explique La Croix. Le nombre de consommateurs d’opiacés "à problèmes" est estimé entre 1,2 et 1,5 million. Sur la base d’informations fournies par dix-neuf pays, le nombre de nouvelles demandes de traitement était en hausse de 6% en 2007 (par rapport à 2002).

Concernant la consommation de cannabis, l’OEDT confirme une baisse continue. Cette tendance est particulièrement sensible chez les jeunes des pays d’Europe de l’Ouest, ainsi qu’en Croatie et en Slovénie (Le Monde). Cette évolution ne doit cependant pas masquer que "2 à 2,5% des jeunes adultes consomment du cannabis de manière quotidienne ou quasi quotidienne", ce qui représente une importante population à risque.

Les auteurs du rapport s’alarment aussi de l’apparition de nouvelles drogues de synthèse, proches du cannabis. "Les fournisseurs sont extrêmement novateurs et utilisent massivement Internet. Ils évitent les contrôles antidrogue en proposant des substituts qui ne sont pas encore réglementés", constate Wolfgang Götz dans La Croix.

Enfin, l’OEDT exprime de "vives préoccupations" concernant la polyconsommation, qui "augmente" et accroît chez les jeunes les risques de "problèmes aigus", décuplés par la prise d’alcool.

Lutte antisida : le Sud manque d’aide
Comment relancer l’aide financière occidentale aux pays du Sud, interroge Libération (pages 12 et 13) à la veille de la réunion, ce week-end, à Addis-Abeba (Ethiopie), du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Les associations de lutte contre le sida ont lancé des appels demandant aux gouvernements de prendre des mesures exceptionnelles afin d’éviter une situation de catastrophe sanitaire sur le terrain. "Les besoins de financement de ces maladies ne sont pas couverts", lance Eric Fleutelot, de Sidaction. "La réduction des financements mondiaux a entraîné par exemple une réduction de 25% du budget de lutte contre le sida de la Tanzanie", explique-t-il.

Pour Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le VIH, "la situation a rarement été aussi inquiétante". "On a le sentiment d’un désengagement des pays riches. Tous les progrès risquent de s’effondrer", craint-elle. "De l’argent il y en a, estime pour sa part Pauline Londeix, responsable des actions internationales à l’association Act Up. Si moins de 1% de l’argent investi pour sauver les banques était utilisé pour le sida et le système de santé, il n’y aurait aucun souci."

John Sutton