Etienne Caniard : « Nous défendons la santé des Français ! »

Etienne Caniard était interrogé ce matin par Jean-Michel Apathie, en direct sur RTL, sur les chances de la Mutualité de faire renoncer le gouvernement à la taxation les mutuelles. "Je ne sais pas si les députés et les sénateurs vont adopter ce plan en l’état. Mais je sais qu’il suscite énormément de remous", lui a répondu le président de la Mutualité Française.

"Le gouvernement pensait probablement que cette mesure passerait inaperçue. De fait, on a beaucoup plus parlé des 10.000 Français qui vont payer provisoirement 200 millions (NDLR, taxe sur les très hauts revenus) que des 94% de Français couverts par une mutuelle et qui vont payer 1,1 milliard durablement", déplore Etienne Caniard.

"Mais, aujourd’hui, il y a une prise de conscience, poursuit-il. Je suis persuadé qu’à terme le gouvernement devra abandonner cette mesure." En effet, plaide le président de la FNMF, "actuellement, les mutuelles sont indispensables pour accéder aux soins, car elles remboursent la moitié des dépenses de santé pour les soins courants".

S’il le faut, "nous reviendrons à la charge au moment de l’examen du projet de loi de finances pour 2012. C’est une question sérieuse : nous ne sommes pas en train de défendre une niche fiscale, mais un problème majeur : la santé des Français !", insiste le président de la Mutualité.

Cette taxation s’apparente-t-elle à une hausse des impôts ? "C’est clairement une augmentation des prélèvements obligatoires qu’on a voulu faire passer inaperçue. Il aurait été infiniment plus juste de ne pas faire preuve d’hypocrisie et de faire appel à la CSG plutôt que d’avoir recours à cette dissimulation", répond Etienne Caniard. "Je suis profondément indigné. Cette mesure rend plus difficile l’accès aux complémentaires santé et remet en cause notre système de protection so­ciale", conclut-il. Egalement cité dans Le Canard enchaîné (page 2), Etienne Caniard illustre en quelques chiffres le renchérissement de l’accès aux soins : "Entre 2008 et 2012, les cotisations ont augmenté en moyenne de 125 euros. Plus de la moitié de la hausse est le simple fait de la répercussion des taxes qui sont passées de 13 à 76 euros." La faute à qui, ironise l’hebdomadaire ?

Par ailleurs, Valérie Pécresse, ministre du Budget et des Comptes publics, a annoncé hier aux députés qu’elle leur présenterait, "dans quelques semai­nes", un PLFSS "qui mettra en évi­dence une division par deux du déficit de l’assurance maladie entre 2010 et 2012", rapporte Le Figaro-économie (page 17). Mais cette "bonne surprise" s’explique essentiellement par les nouvelles recettes du plan de rigueur : taxe sur les mutuelles, le tabac, augmentation de la CSG…, soulignent Les Echos (page 4).

Un médicament peut en cacher un autre
Servier, déjà englué dans l’affaire du Mediator®, aurait également falsifié des documents relatifs au Protelos®, un médicament contre l’ostéoporose lancé en 2004, affirme Libération (pages 1 à 4), qui poursuit son enquête sur le laboratoire pharmaceutique. "Un autre front judiciaire menace Servier", assure le quotidien, qui "révèle les conclusions d’un rapport d’inspection de l’Agence européenne des médicaments sur le système de pharmacovigilance du laboratoire". Ce rapport, poursuit Libération (page 3), "conclut que Servier a caché aux autorités de santé des cas d’effets secondaires du Protelos®". "Ce document accablant est aujourd’hui entre les mains des juges", annonce le quotidien.

L’étau semble se resserrer autour de Servier, qui pourrait être mis en examen prochainement. Trois juges parisiens instruisent des informations judiciaires pour tromperie aggravée, homicides, blessures involontaires et escroquerie au préjudice de la Sécurité sociale et des mutuelles. Servier a "désormais un vrai problème de crédibilité, y compris face aux autorités de santé", estime, dans Le Parisien/Au­jourd’hui (page 12), la Dre Irène Frachon, à l’origine de la révélation de l’affaire du Mediator®. "Si la justice retient la notion de tromperie, on ne peut guère imaginer qu’un laboratoire y survive", ajoute-t-elle.
John Sutton