Etats-Unis : fin de parcours pour la réforme de santé

C'est ce week-end que doit avoir lieu le vote définitif de la Chambre des représentants sur la réforme du système de santé américain. "Le suspense touche à sa fin", soulignent Les Echos (page 6). L'enjeu est de garantir une couverture santé aux 31 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Cette réforme, explique Libération (pages 6 et 7), obligera la plupart des Américains à s'assurer contre la maladie. Pour cela, "des subventions seront accordées aux plus nécessiteux et des pénalités imposées à ceux qui continueraient à refuser de s'assurer".

La mise en place de dispositif devrait aussi permettre de maîtriser les dépenses et de réduire le déficit budgétaire de 130 milliards de dollars (96 millions d'euros) d'ici à 2020. Si cette réforme n'est pas adoptée, poursuit le quotidien, "les dépenses américaines de santé continueront de déraper et pourraient atteindre 25% du PIB en 2025 (contre 16% aujourd'hui et 11% en France)". Par ces temps de crise, cette ré­forme serait la bienvenue, estime La Tribune (page 8). En effet, "la récession accroît le nombre des habitants sans couverture et menace les finances des hôpitaux publics".

En 2009, raconte le quotidien économique, les hôpitaux de New York ont soigné 453.000 patients sans assurance, soit "un bond en avant de 14% en trois ans". Dans le même temps, l'Etat de New York réduisait de 240 millions de dollars sa contribution annuelle aux hôpitaux de la ville. Et visiblement, il n'entend pas en rester là : à partir du mois prochain, il prévoit en effet d'amputer cette contribution de 70 millions de dollars supplémentaires.

"Malbouffe" : prescrire ou proscrire ?
On trouve de tout au Salon annuel des médecins généralistes qui se tient actuellement à Paris. En sillonnant les allées du Medec, Le Parisien/Aujourd'hui (page 11) a été surpris d'y trouver les stands de plusieurs sociétés agroalimentaires "peu réputées pour la diététique de leurs produits".

Coca-Cola®, McDonald's® ou bien en­core McCain® se sont en effet réunis dans une même zone du salon, baptisée Nutria®. Cette zone veut être pour les médecins "le lieu de formation idéal pour alimenter vos connaissances et répondre à vos patients en termes de nutrition", rapporte le journal. Ainsi, une diététicienne de Coca-Cola® affirme que les frites et les sodas ne font pas grossir et que ce sont "les abus qui entraînent un surpoids".

Dans le même sens, McCain® entend lutter contre les idées reçues : "La plupart des médecins et des patients pensent que les frites comportent 40% de matière grasse, alors qu'il n'y en a que 10%. Certes, les frites ne font pas maigrir. Mais c'est un faux débat que de mettre l'obésité sur le compte de cet aliment". Chez McDonald's®, on se veut tout aussi "informatif" à l'égard des médecins. A l'appui d'études scientifiques, le restaurateur ra­pide entend simplement montrer que "manger chez (lui) ne fait pas grossir"...

Cette présence de l'agroalimentaire n'est pas vue du meilleur oeil par la profession. Un médecin interrogé s'agace : "De plus en plus de marques s'introduisent dans nos formations", reconnaît-il, avant d'ajouter que les industriels sont ici pour défendre des produits qui, pour la plupart, sont tout simplement "à proscrire de l'alimentation ».
Frédéric Lavignette