Enseignants : grogne générale

La mobilisation d’aujourd’hui devrait être beaucoup plus démonstrative qu’à l’accoutumée, pressentent Les Echos (page 3). Professeurs des écoles comme enseignants du secondaire et du supérieur devraient en effet répondre en masse à l’appel à la grève "de la quasi-totalité des organisations enseignantes du public et du privé".

Parmi les motifs de cette nouvelle journée d’action, "il y a bien sûr et surtout la question des effectifs", explique La Croix (page 18). A la rentrée dernière, rapporte le quotidien, 11.200 postes ont été supprimés. En septembre prochain, ce sont 13.500 postes qui doivent l’être à leur tour.

Au-delà de ces suppressions, la volonté de réforme du ministre de l’Education exacerbe l’humeur du corps enseignant. Malgré les apparences, poursuit Libération (pages 13 et 14), le ministre consulte "mais pour la forme, ayant déjà arrêté ses réformes". Pour Xavier Darcos, il n’est d’ailleurs "pas question de cogérer avec les syndicats".

Toutes les étapes du cursus scolaire sont atteintes par ces réformes. On lui reproche notamment de vouloir "expérimenter des jardins d’enfants pour les gamins âgés de moins de 3 ans", menaçant ainsi la fonction des écoles maternelles, explique dans La Croix une enseignante.

A l’école primaire, ce sont les nouveaux programmes qui sont mis en cause ou encore l’instauration du soutien individualisé : un soutien scolaire de deux heures pour les élèves en difficulté en échange de la suppression des cours du samedi. Pour des raisons liées à l’efficacité du dispositif et aux horaires, "les profs se rendent compte que ce cadeau, qu’ils ont accepté, s’avère empoisonné", poursuit un instituteur.

Quant à la réforme du lycée, enchaîne Libération, les lycéens n’ont pas obtenu celle qu’ils attendaient. Xavier Darcos leur propose une diminution des heures de cours et l’introduction de modules semestriels très contestés. Enfin, conclut L’Humanité (pages 2 à 4), les enseignants-chercheurs d’université dénoncent le "dépeçage du CNRS, bateau amiral de la recherche publique, et le pilotage accru du pouvoir politique sur les labos, via l’Agence nationale de la recherche (ANR), par qui transitent de plus en plus de moyens".

Services à la personne : phase 2
Aujourd’hui, au Salon des services à la personne, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, devrait dévoiler quelques-unes des grandes lignes du plan 2 qu’il souhaite lancer avant la fin de l’année. Le crédit d’impôt pour les particuliers employant des salariés à domicile serait au programme de ce nouveau plan.

Selon La Tribune (page 4), "le système bancaire, les émetteurs de chèque emploi service universel (Cesu), l’Acoss (qui fédère les Urssaf) pourraient être sollicités dans la mise en place du dispositif qui éviterait aux particuliers de faire une avance de trésorerie".

Afin de préparer au mieux ce plan, les acteurs du secteur ont également élaboré une série de propositions "qu’ils ont une nouvelle fois défendues hier soir à Bercy", rapporte le quotidien. Parmi elles on compte "le maintien à 15 points de l’exonération des cotisations sociales des particuliers employeurs déclarant leur salarié au réel". Cette initiative, indique La Tribune, est approuvée par les députés.

Selon le président de la Fédération des entreprises de services à la personne, Jacques Manardo, "la mise en oeuvre du revenu de solidarité active (RSA) dans le secteur des services à la personne ou le versement des prestations sociales, type allocation personnalisée d’autonomie, via le chèque emploi service (Cesu) pour lutter contre le travail au noir" figurent au nombre des autres mesures proposées.

Sida : dépistage sans médecins
L’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) lance aujourd’hui un programme appelé Com’Test, permettant à l’association Aides de proposer des tests de dépistage rapide, dans ses locaux, hors de tout cadre médical, annonce Le Figaro (page 11). Ce programme, qui a choisi d’utiliser comme test le prélèvement capillaire, débute aujourd’hui à Montpellier et s’étendra progressivement à Lille, Bordeaux et Paris, indique à son tour Le Parisien/Aujourd’hui page 11. Le 22 octobre, rappelle-t-on, la Haute Autorité de santé (HAS) a émis une série de recommandations sur l’utilisation des tests de dépistage rapide.

Frédéric Lavignette