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En finir avec les lunettes trop chères

Marisol Touraine a tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises : le prix des lunettes de vue est trop élevé, ce poste pèse trop lourdement dans le budget santé des Français. "La ministre ajoute ainsi sa voix à un flux de critiques qui couve depuis plusieurs mois dans la presse, dans l'opinion et même chez certains acteurs du secteur", constate Olivier Barbeau, professeur à l'Université Paris VIII, dans une tribune libre publiée dans Les Echos (page 17).

Pour cet universitaire, "le remède est beaucoup plus simple qu'il n'y paraît : l'ouverture saine, libre et régulée à la concurrence". Le déséquilibre concurrentiel de l'optique est un fait bien établi. "La ministre de la Santé l'affirmait récemment devant [le congrès de] la Mutualité française, rappelle Olivier Barbeau. Le secteur des opticiens est trop concentré." Les cinq premières chaînes d'opticiens réalisent plus de la moitié du chiffre d'affaires du secteur, avec un pourcentage équivalent de points de vente. Des chiffres qui atteignent même 90% si l'on ne retient que les dix premières chaînes d'opticiens.

"Cette rentabilité, souligne-t-il, n'est sans doute pas sans lien avec le fait que la France compte près de 11.000 points de vente au détail, pour 65 millions d'habitants, alors que les Etats-Unis n'en ont que 10.000 pour 315 millions d'habitants." Et Olivier Barbeau de citer le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard : "On paie aujourd'hui les magasins, pas les lunettes" !

Selon Olivier Barbeau, "une vraie concurrence sur le marché de l'optique pourrait diviser la facture par deux ou trois". "Pourra-t-on se permettre longtemps, dans le contexte actuel, le luxe d'y renoncer ?", demande-t-il.

Le patronat veut une réforme de la protection sociale
Jean-François Pilliard, responsable de la protection sociale au Medef, demande "dès maintenant" la réforme du financement de la protection sociale. "Il faut absolument changer la façon dont on finance l'assurance maladie, les retraites ou la politique familiale si nous voulons préserver notre modèle social", estime le délégué général de l'UIMM (métallurgie) dans un entretien aux Echos (page 4).

Mais "l'essentiel pour vous n'était-il pas d'obtenir une réduction du coût du travail" ?, demande le journaliste Vincent Collen. "Nous sommes loin d'avoir retrouvé la position concurrentielle que la France avait au début des années 2000", répond le responsable patronal. Preuve pour lui que le gouvernement en est persuadé : "Jean-Marc Ayrault a demandé au Haut Conseil du financement de la protection sociale d'examiner, d'ici au 1er mai, plusieurs scénarios de réforme."

Jean-François Pillard souligne que dans sa lettre de saisine, le Premier ministre évoque notamment la branche famille, "dont le financement repose exclusivement sur les cotisations des employeurs, alors que les prestations sont universelles". Une allusion claire à la "TVA sociale" instaurée par le gouvernement Fillon et supprimée cet été, qui visait à baisser les cotisations patronales sur cette branche.

Dans le même numéro, Les Echos publient leur baromètre CSA, selon lequel 62% des Français estiment "injustifiées" les hausses de TVA, même s'il s'agit de "compenser des baisses d'impôt sur les entreprises, destinées à stimuler leur compétitivité et l'emploi" (page 2).

Cette opinion est partagée par 52% des sympathisants de gauche. Un rejet que le directeur du département politique-opinion du CSA, Jérôme Sainte-Marie, explique par deux facteurs : le "refus classique de payer plus de taxes" et l'idée que cette mesure "n'a pas été totalement légitimée par le suffrage universel", puisque François Hollande avait durement condamné la "TVA sociale" de Nicolas Sarkozy.

John Sutton