Emplois à la personne : une niche préservée

La ministre du Budget est montée au créneau pour calmer les inquiétudes. Dans Le Figaro (page 3), Valérie Pécresse affirme que "la suppression de la niche fiscale sur les emplois à domicile n’est pas à l’ordre du jour". Il en sera de même pour l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites, une "niche de cohésion sociale" selon elle.

Ces deux dérogations font partie des pistes avancées par l’Inspection générale des finances (IGF) pour réduire les dépenses, indique Le Monde (page 11). Dans un rapport de 6.000 pages, l’IGF considère qu’un "certain nombre de mesures de soutien économique ou social", que l’Etat finance à travers les niches fiscales (réductions ou exonérations d’impôts) et les niches sociales (exonérations de cotisations sociales, taux réduits de CSG), sont "peu efficientes" ou "inefficaces".

Comme le note La Tribune (page 4), "c’est désormais une constante lors de la préparation du budget : les emplois à domicile sont pointés du doigt". Pour ce quotidien, à quelques mois de la présidentielle, le "gouvernement ne souhaite pas raboter ces avantages fiscaux, totalement intégrés dans l’esprit des Français".

Le secrétaire d’Etat chargé du Commerce et des PME, Frédéric Lefebvre, s’est également voulu rassurant sur le maintien des exonérations fiscales et sociales en faveur des services à la personne, en rappelant qu’elles ont permis de créer "300.000 emplois nouveaux" depuis 2005.

D’autres niches mises en évidence par l’IGF devraient également être maintenues. La ministre du Budget a, par exemple, affirmé qu’au "nom de la cohésion sociale", le gouvernement ne remettrait pas en cause l’abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

D’autres mesures d’économies sont à l’étude, ajoute La Tribune. C’est désormais au Parlement qu’il revient de "trouver le milliard d’euros d’économies souhaité par le Premier ministre en 2012". Les dépenses de fonctionnement des 584 opérateurs publics de l’Etat sont, semble-t-il dans leur collimateur…

Médicament : distinguer logique industrielle et critères sanitaires
Dans une longue interview accordée au Moniteur des pharmacies (pages 20 à 25), le président de la Mutualité Française réagit, entre autres, à la réforme du médicament annoncée par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Etienne Caniard regrette notamment que cette réforme n’aborde pas la question du prix des médicaments. "S’il faut incontestablement être attentif à l’innovation, il faut aussi être sélectif. La dépense en médicaments d’un pays n’est pas corrélée avec les résultats en matière d’innovation. Les rares produits innovants ne doivent pas devenir l’arbre qui cache la forêt des médicaments inutiles", explique-t-il.

Pour Etienne Caniard, le véritable enjeu est "de rendre compréhensible la fixation des prix". "Les décisions d’ordre sanitaire doivent relever de critères d’ordre sanitaire et les décisions d’ordre industriel doivent être prises en s’appuyant sur des critères industriels. Il ne faut pas confondre les deux, ne pas instrumentaliser l’évaluation scientifique à des fins de politique industrielle ou économique, ce qui est la tendance en France." Dans cet entretien, le président de la Mutualité Française évoque aussi les expérimentations Babusiaux, les médicaments à 15% ou encore les génériques.

Trois morts dans un hôpital de Massy
Suite aux décès de trois patients et à la contamination de 18 autres, l’hôpital privé Jacques-Cartier de Massy (Essonne) a adressé un courrier aux personnes hospitalisées dans cet établissement au début de l’été. Comme le révèle Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3), cette procédure d’alerte a été lancée en raison de la présence de la Klebsiella pneumoniae, une bactérie qui attaque les poumons et les voies respiratoires. Une malade venue de Grèce début juin est à l’origine de cette infection qui s’est propagée.

Connue en France depuis longtemps, cette bactérie n’avait jamais été à l’origine d’une infection nosocomiale d’une telle ampleur. Il faut dire que ce germe est en train de connaître une véritable mutation. Depuis trois ou quatre ans, remarquent les spécialistes, la Klebsiella pneumoniae résiste à tous les antibiotiques.

L’agence régionale de santé a donc décidé d’interdire les admissions au bloc spécialisé dans les urgences cardiaques de cet établissement. Quant aux personnes qui doivent subir une intervention dans les six prochains mois, prévient l’hôpital, elles doivent avertir le centre de soins qui les prendra en charge au préalable "pour que l’infection s’arrête là".
Frédéric Lavignette