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Effets et contre-effets des aides en faveur de la santé

Est-il certain que les aides en faveur de la santé sont plus efficaces que contre-productives ? Ou, en d'autres termes, "aider, n'est-ce pas aussi fragiliser ?" C'est à ces questions que répond aujourd'hui Libération (pages 8 et 9) à l'appui d'une série d'études publiée par la revue médicale The Lancet.

C'est la première fois, note le quotidien, que plusieurs organismes comme l'Organisation mondiale de la santé, l'Agence française de recherche contre le sida ou encore l'Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de Londres se sont intéressés aux effets des dons consacrés à la lutte contre le sida, la tuberculose ou la malaria.

"La tâche était rude, explique le journaliste Eric Favereau. Il fallait comptabiliser les sommes engagées, travailler ensuite sur la pertinence de leur répartition selon les besoins, puis décrire les effets et contre-effets sur les systèmes de santé nationaux."

Au final, il apparaît que les conséquences des aides privées ou publiques sur le nombre de vies sauvées dans le monde et sur certains "systèmes de santé" sont plutôt positives. Entre 1990 et 2007, rapporte Libération, les fonds d'aide à la santé ont explosé : en 1990, ils étaient de 5,6 milliards de dollars et sont passés à 21,8 milliards en 2007.

"Qu'est-ce qui se serait passé si cette aide n'avait pas existé ?", s'interroge l'économiste de la santé, Jean-Paul Moatti, qui s'est penché sur ces études. En matière de sida par exemple, le nombre de morts n'aurait pas tant diminué, passant de 2,5 millions par an à 2 millions. Le nombre de personnes sous traitement n'aurait pas non plus été multiplié par dix en cinq ans, atteignant aujourd'hui les 6 millions. Pour ce qui est de la tuberculose, 5 millions de personnes n'auraient pas profité de traitements salvateurs.

Cependant, les contre-effets de l'aide ne manquent pas. Même si l'argent parvient aux Etats qui en ont besoin, "de fortes anomalies apparaissent". Comme l'indique Libération, sur les trente pays les plus pauvres de la planète, ils sont douze à n'avoir pas reçu le "plus d'argent en valeur relative". "Ainsi, le Mali et la Colombie ont beau avoir des niveaux sanitaires similaires, la Colombie a reçu proportionnellement trois fois plus."

Autre déception, alors que le sida reçoit 23% de toutes les sommes destinées aux luttes contre les maladies, "un peu moins de 5% des investissements sont directement orientés vers l'aide aux systèmes de santé nationaux". Plus grave encore, les auteurs de l'étude notent que l'aide massive a parfois démobilisé les dispositifs officiels de santé de certains pays. Beaucoup se sont en effet dégagés de leur responsabilité au prétexte que des "circuits parallèles" de décision et de distribution se sont installés chez eux.

Les conséquences de la grippe A
La France connaît maintenant son premier cas de grippe A (H1N1) avec complications avérées. Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS) qui a annoncé hier l'information, "il s'agit d'une femme de 40 ans qui revenait d'un voyage des Etats-Unis et qui a été hospitalisée mardi soir à Paris", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 12).

Cette patiente a développé une surinfection bactérienne qui a donné lieu à une pneumopathie, mais ses jours ne semblent pas en danger, a précisé l'InVS. Actuellement en France, 133 cas confirmés de grippe ont été constatés, observe Le Monde (page 4). Au niveau de la planète, 40.000 cas ont été recensés. Progressivement, poursuit ce quotidien, les laboratoires présentent d'ailleurs leurs engagements. Après Novartis et Baxter, c'est maintenant au tour de Sanofi-Aventis d'indiquer que 100 millions de doses de vaccin contre la grippe seront fournis à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour les laboratoires, titre L'Humanité (pages 2 et 3), la grippe A fait décidément figure de "jackpot". En effet, "la production massive de vaccins devrait commencer à la fin du mois".

Frédéric Lavignette