Echange de lait maternel sur Facebook : une pratique à risque

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s’inquiète de l’existence de réseaux d’échange de lait maternel via Facebook. Elle pointe les dangers de ces laits non contrôlés pour la santé des bébés.

On trouve de tout sur Facebook, même du lait maternel ! Le réseau de partage "The Human Milk for Human Babies global network" ("HM4HB" : réseau mondial de lait humain pour bébés humains) met en contact des mères souhaitant offrir leur lait avec celles qui ne parviennent pas à allaiter suffisamment leur enfant.

L’intention peut sembler louable. Elle est aussi dangereuse, avertit l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). En effet, ces échanges de lait maternel entre inconnues comportent des risques de transmission d'agents infectieux. "Aucun contrôle microbiologique et sérologique n'étant exercé a priori sur la donneuse lorsque le don est effectué en dehors des lactariums, le lait présente un risque pour l'enfant", explique l’Afssaps dans un communiqué de presse paru le 29 avril.

Parmi les agents infectieux, les virus les plus fréquemment rencontrés sont ceux de l'immunodéficience humaine (VIH), des hépatites, de la rubéole et le T-lymphotropique (HTLV), responsable de certains cancers. Une étude américaine récente a montré que sur 1.091 candidates bénévoles au don de lait, 3,3 % étaient positives aux tests sanguins sur la syphilis, les hépatites B et C, le VIH et/ou le HTLV.

Passez par les lactariums
Des pédiatres pointent également le risque de transmettre sans le savoir des médicaments, voire des drogues, si la donneuse en consomme.

Enfin, les conditions de transport et de conservation du lait échangé via les réseaux sociaux ne sont pas encadrées et peuvent conduire à une dégradation du produit et un développement bactérien. Les bactéries susceptibles de proliférer dans ce lait peuvent provoquer des méningites et des septicémies si elles sont ingérées en quantités importantes.

"La qualité et l'innocuité de ce lait maternel ne peuvent être garanties : cette pratique d’échange présente des risques pour la santé des bébés et des jeunes enfants susceptibles de recevoir un lait contaminé", conclut l’Afssaps. Elle souligne que "la responsabilité du réseau HM4HB est susceptible d'être engagée en cas de contamination d'un bébé par du lait infecté."

L’Agence rappelle qu’en France, seuls les lactariums sont autorisés à collecter et à distribuer du lait maternel, dans des conditions optimales de sécurité sanitaire. En conséquence, elle "recommande vivement aux donneuses de se mettre en contact avec les lactariums, pour la sécurité des enfants qui bénéficieront de leur lait."

Alexandra Capuano