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Du poison dans nos assiettes ?

Pesticides, phtalates, bisphénol... ces produits chimiques, nous les respirons, mais surtout, nous les ingérons, met en garde Le Nouvel Observateur (n° 2417, pages 14 à 24), qui consacre un dossier aux dangers de l'alimentation. Ces substances présentes dans la chaîne alimentaire, notamment par les emballages et matériaux de cuisson, pourraient être responsables de nombreux cancers. Si toutes les molécules produites par l'industrie ne sont pas en cause, une partie d'entre elles – les perturbateurs endocriniens – se trouve bel et bien sur la sellette. Bisphénol A, phtalates et pesticides : à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), c'est le branle-bas de combat. Une étude est lancée cette année sur "les filières d'utilisation des principaux produits chimiques potentiellement perturbateurs endocriniens, en vue d'estimer l'exposition de l'homme via l'alimentation et l'environnement".

Les perturbateurs endocriniens peuvent chambouler nos systèmes hormonaux, même en quantité très réduite : les phtalates bloquent la testostérone, tandis que le bisphénol A imite l'hormone sexuelle féminine... Plus inquiétant en­core, une exposition du fœtus à ces molécules peut déclencher à l'âge adulte des cancers des testicules, des ovaires ou des glandes mammaires.

Ce risque préoccupe particulièrement André Cicolella, toxicologue, qui milite depuis des années, avec le Réseau environnement santé, pour l'interdiction des perturbateurs endocriniens, "que l'on retrouve dans les plastiques, les cosmétiques, les pesticides... et donc dans l'alimentation" (Le Nouvel Observateur pages 22 à 24). "Quasiment toute la population est imprégnée", selon lui.

"C'est tout notre système de protection sociale, qui est aujourd'hui menacé par le tsunami des maladies chroniques que sont les affections cardio-vasculaires, le cancer, les maladies respiratoires ou le diabète, estime ce lanceur d'alerte. (...) Agir sur les causes identifiables, les substances chimiques au premier chef, relève d'une nécessité absolue."

"Comment manger sain ?", s'interroge également L'Express (n° 3113, pages 76 à 89), qui publie des extraits du livre de la journaliste Marie-Monique Robin, Notre poison quotidien (Arte éditions). "Comment expliquer la faillite des contrôles publics ?", lui demande l'hebdomadaire. "Le pouvoir politique n'agit qu'après avoir compté les morts. Comme pour l'amiante et le Mediator®, il intervient trop tard, constate Marie-Monique Robin. (...) Songez aussi au poids de l'agro-industrie... En 2010, la France est le pays qui a demandé le plus de dérogations exceptionnelles pour l'utilisation de pesticides interdits : plus de 300 !". "Il n'est pas question de revenir à l'âge de pierre, concède cette journaliste. Simplement les poisons chimiques n'ont rien à faire dans notre assiette."

Médecins/Assurance maladie : négociations en mars
Au point mort depuis 2009, les négociations conventionnelles entre les syndicats de médecins libéraux et l'assu­rance maladie devraient reprendre courant mars, selon Les Echos (page 4). Elles porteront notamment sur leur rémunération. "La reconnaissance de la représentativité constitue, pour ces organisations, l'étape préalable à l'ouverture des négociations avec l'assurance maladie", a souligné le ministère de la Santé, en souhaitant qu'elles s'ouvrent "le plus rapidement possible". La CSMF, dont le président, Michel Chassang, a été reçu mardi soir par Xavier Bertrand, a indiqué que le débat sur la proposition de loi du sénateur Jean-Pierre Fourcade reprendra au Sénat le 10 mars, avant de se poursuivre en avril à l'Assemblée nationale. Ce texte a pour objectif de supprimer les quelques sanctions prévues par la loi HPST, à l'encontre des médecins qui refuseraient de prêter main-forte à leurs confrères installés dans les déserts médicaux : milieu rural ou banlieues défavorisées. La proposition de loi comprend aussi d'autres mesures, notamment la création d'un nouveau statut juridique visant à développer les maisons de santé pluridisciplinaires.
John Sutton