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Drogues : une campagne pour ne pas fermer les yeux

Le ministère de la Santé a lancé le 5 octobre une campagne d’information grand public afin de prévenir l’usage de drogues : cannabis, cocaïne, ecstasy… Un spot télé sera diffusé durant le mois d’octobre ainsi que trois spots radio.

"Drogues : ne fermons pas les yeux" : c’est le slogan de la campagne d’information lancée le 5 octobre par le ministère de la Santé, en partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Le but est de "sensibiliser chacun aux effets physiques et neuropsychiques des produits stupéfiants", a indiqué la ministre de la Santé, dans son discours de lancement.

"En France, on consomme plus de drogues qu’auparavant, plus souvent et plus, a ajouté Roselyne Bachelot. On ne compte pas moins de quatre millions de consommateurs réguliers de drogues." A titre d’exemple, "550.000 personnes fument chaque jour trois à quatre fois du cannabis. Parmi elles, 380.000 ont moins de 25 ans". Devant cet usage "démocratisé et banalisé", les jeunes constituent donc une cible privilégiée de cette campagne. Elle s’inscrit dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011, dont l’une des priorités est "la prévention des premières consommations de produits illicites".

Informer sur les dangers liés aux drogues
Un spot télé de 35 secondes est programmé jusqu’au 26 octobre sur l’ensemble des chaînes hertziennes et sur les chaînes numériques du câble, du satellite et de la TNT. Il "met en regard des situations qui nourrissent l’imagerie populaire des drogues", comme des instants de convivialité, avec des "scènes qui illustrent les risques pour les rendre plus concrets". Les risques évoqués montrent, par exemple, des parents désemparés, la précarité ou des accidents provoqués par la drogue.

Les drogues agissent sur le fonctionnement du cerveau en augmentant la fabrication de dopamine qui active "une sensation de plaisir cérébral". Prise à répétition, une drogue "modifie à long terme la façon dont le cerveau perçoit l’origine de ses satisfactions et perturbe la recherche du plaisir", précise le ministère. A ce niveau, la dépendance s’installe, ce qui est le cas aussi avec l’alcool et le tabac.

Accidents cardiaques et hépatites
Selon les substances, la gravité des effets diffère. La prise de cannabis provoque des "troubles comportementaux, notamment une altération de la perception, de l’attention et de la mémoire immédiate". La cocaïne entraîne une "euphorie immédiate" et une "stimulation intellectuelle physique". Mais ces sensations sont rapidement suivies d’un "état dépressif" et d’une "anxiété", voire de comportements violents.

Des "accidents cardiaques précoces" sont également à craindre chez certaines personnes fragiles ou ayant une forte consommation de tabac. A cela s’ajoutent les risques de contamination par les virus de l’hépatite B et C lorsque le matériel utilisé pour "sniffer" est partagé. Les risques de transmission par ces virus se retrouvent chez les consommateurs d’héroïne, tout comme le virus du sida.

Une campagne judiciaire mi-novembre
Les risques spécifiques liés à la prise de cannabis, de cocaïne et d’ecstasy, font l’objet de trois spots radio, également diffusés durant le mois d’octobre. En outre, un outil Internet est prévu à destination des jeunes. Intitulé "Drogues : guette l’info, traque l’intox", ce dispositif Internet est consultable à partir du site www.drogues.inpes.fr. Objectif : cerner les "idées fausses" qui "influencent les jeunes et les incitent à consommer".

Enfin, trois films "Si les dealers disaient la vérité" sont diffusés sur Internet ainsi que des bannières vidéo. Dès la mi-novembre, cet arsenal de communication sera suivi d’une "campagne judiciaire qui insistera sur la pénalisation de l’usage de drogues". A partir de septembre 2010, ces partenaires entendent travailler "sur le soutien aux parents et aux adultes".

Paula Ferreira