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Doutes sérieux sur le Gardasil

Au fur et à mesure des injections, les crises se sont succédé. Fièvres, nausées, vertiges et paralysies de plusieurs parties du corps menacent désormais à tout instant le quotidien de certaines jeunes filles à qui l’on a recommandé de se faire vacciner contre le cancer du col de l’utérus. Et il se pourrait bien que le Gardasil, l’un des vaccins prescrits contre ce type de pathologies, soit directement responsable de ces nuisances.

Pourtant, remarque Le Monde (page 9), ce médicament produit par Merck et vendu en Europe par Sanofi Pasteur SMD a reçu toutes les autorisations de mise sur le marché nécessaires. A commencer par celle de l’Agence européenne du médicament (EMEA). Commercialisé en novembre 2006 à l’intention des jeunes filles dès 14 ans, le Gardasil a bénéficié d’un "lobbying insistant auprès des leaders d’opinion" et d’une vaste campagne de sensibilisation des mères de famille, indique le quotidien.

Résultat : 4 millions de doses ont été écoulées en France pour 1,5 million de jeunes filles vaccinées. En 2008, le Gardasil était donc le 16e médicament le plus remboursé par la Sécurité sociale. Au tarif de 123,66 euros chacune, trois doses sont nécessaires à la vaccination. La facture globale s’élève ainsi à 144,7 millions d’euros. En 2009, 80,8 millions d’euros ont été consacrés à son remboursement, tous régimes confondus.

Derrière ces chiffres et la campagne de communication qui a accompagné le "premier vaccin contre un cancer", certaines questions restent sans réponse, observe Le Monde. On s’étonne par exemple de "l’empressement qu’a eu le ministre de la santé de l’époque, Xavier Bertrand, à annoncer le remboursement du vaccin, dès février 2007, alors que le comité technique des vaccinations n’avait pas rendu son avis et que la commission de la transparence n’a donné le sien que deux mois plus tard".

Certains doutes sont également portés sur l’intérêt d’un vaccin par rapport au dépistage traditionnel. Antoine Spire, le directeur du département de recherche des sciences humaines de l’Institut national du cancer (Inca), milite par exemple pour la généralisation du frottis.

Et cela, avec d’autant de raisons que le Gardasil n’agit que sur seulement quatre types de cancer, alors que les spécialistes dénombrent un total de 40 types différents de HPV.

Les pistes du Cese pour la Sécu
Un report du remboursement des dépenses de santé sur les complémentaires ne ferait qu’"accroître les inégalités d’accès aux soins". C’est en tout cas ce qu’estime le Conseil économique, social et environnemental (Cese) dans un projet d’avis commandé par le Premier ministre au sujet de nouvelles recettes possibles pour financer la protection sociale.

Dans ce document qui doit être examiné aujourd’hui, plusieurs pistes sont alors explorées par la troisième assemblée de la République pour financer la Sécu. La première, révèlent Les Echos (page 4), propose d’augmenter de façon "modérée" la CSG. Etant donné que la contribution sociale généralisée est payée par tous les citoyens, contrairement aux cotisations qui ne concernent que les actifs, le conseil estime que cette voie est "équitable et pérenne". Par ailleurs, le Cese s’oppose à une fusion de la CSG et de l’impôt, comme cela est parfois suggéré.

Le Conseil préconise également la mise en place d’une TVA sociale, rapporte Le Figaro (page 24). Il s’agirait précisément d’augmenter la TVA affectée à la Sécurité sociale de sorte que tous les biens soient taxés, notamment les biens importés. La seule ombre au tableau de cette mesure, reconnaît le Cese, c’est qu’elle "pèserait sur le pouvoir d’achat, plus particulièrement sur celui des personnes à faibles revenus". Un argument qu’avancent également la gauche, certains syndicats et une partie de la droite, remarquent Les Echos.

Autre initiative évoquée dans l’avis : le réexamen des exemptions et exonérations de cotisations. Comme le rapporte le quotidien économique, le Cese invite les pouvoirs publics à réaliser "une évaluation fine de ces dispositifs et de leurs impacts économiques et sociaux".

La création d’une "taxe internationale sur les transactions financières" et une "meilleure prise en compte de la valeur ajoutée produite par les entreprises" constituent une quatrième piste de financement de la Sécu. Cela dit, observe le Conseil en guise de conclusion : améliorer le financement de l’assurance maladie sera difficile sans "une réforme d’ampleur des prélèvements obligatoires".

Frédéric Lavignette