Déserts médicaux : négociation entre la « Sécu » et les médecins

L’assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux ont conclu, hier soir, la première des cinq séances de négociations sans parvenir à un accord sur une meilleure répartition géographique des médecins. "A ce stade, il faut bien reconnaître que les discussions n’ont pas été extrêmement productives", a déclaré Frédéric van Roekeghem. Le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a précisé que les syndicats étaient "relativement prudents quant aux mesures, notamment désincitatives, qu’ils pourraient accepter" pour éviter les "déserts médicaux". Pour y remédier, l’assurance maladie pourrait proposer aux médecins exerçant en zone "surdotée", un "contrat de santé solidarité" afin qu’ils exercent une part de leur activité dans les zones sous-dotées.

Par ailleurs, le directeur de la Cnam a proposé la création d’un "contrat de bonne pratique individuelle". Il lierait une partie de leur rémunération à l’obtention de résultats en matière de prévention et de prescription de médicaments génériques, souligne Le Monde (page 7). "La plupart des syndicats sont plutôt d’accord, mais prudents", estime Jean-Louis Caron, président du Syndicat des médecins libéraux (SML), cité dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 6).

Enfin, la principale revendication des médecins libéraux - la revalorisation de la consultation des généralistes de 22 à 23 euros - a été simplement évoquée au cours des négociations. La ministre de la Santé s’est déclarée favorable hier sur LCI à une telle augmentation, à la condition que les médecins prennent des engagements de "maîtrise médicalisée" des dépenses de santé et de "bonnes prescriptions".

La prochaine séance de négociations se tiendra demain. Au programme : l’épineuse question des dépassements d’honoraires en forte progression depuis dix ans, rappelle Le Monde. L’idée est de créer un nouveau secteur tarifaire, le "secteur optionnel". Dans Le Monde, Michel Chassang (CSMF) n’hésite pas à déclarer que "les dépassements d’honoraires qu’il autorisera seront pris en charge par les mutuelles". La négociation de vendredi sera tripartite, l’assurance maladie ayant indiqué que les complémentaires santé y participeraient.

Toujours au chapitre de l’assurance maladie, dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 6), Jean-Marc Bilquez, chargé de la protection sociale à Force ouvrière, avance que le gouvernement envisagerait d’augmenter le "reste à charge" des patients pour résoudre une partie du déficit de la "Sécu". "Lors d’une réunion tendue avec Mme Bachelot pour trouver un milliard d’économies supplémentaires pour la Sécu, M. Woerth nous a lâché qu’il voulait augmenter le ticket modérateur", déclare-t-il dans ce quotidien.

Survie au cancer : la France bien placée
Les résultats de la première enquête mondiale sur le taux de survie des malades cinq ans après un diagnostic de cancer viennent d’être publiés. Menée dans 31 pays, elle montre que la France se place toujours dans les sept premiers pays ayant les meilleurs taux de survie, souligne Le Figaro (page 9). Pour les cancers du sein et de la prostate, les plus hauts taux prévalent aux Etats-Unis. Le Japon occupe la première place pour les cancers colorectaux chez les hommes, et la France arrive en tête pour les cancers colorectaux chez les femmes. "L’espérance de vie après un cancer dépend de l’efficacité des traitements (...), mais aussi du stade du cancer au moment de sa découverte", souligne le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Institut national du cancer (Inca), dans un entretien au Figaro. Ce cancérologue estime que la France peut mieux faire, "tant au niveau de la prévention primaire (...) que du dépistage pour améliorer le diagnostic précoce".

John Sutton