Déserts médicaux : les pistes de Marisol Touraine

La ministre de la Santé a annoncé hier à l'Assemblée qu'elle présenterait jeudi prochain un "plan global et cohérent de prise en compte des déserts médicaux". Cette annonce sera faite dans une commune de Poitou-Charentes, dont on ignore encore le nom. Une des principales mesures devrait être l'incitation financière pour attirer les jeunes médecins dans les zones sous dotées, selon Le Figaro-économie (page 21).

Marisol Touraine proposerait de leur garantir, pendant deux ans, un revenu minimum annuel de 55.000 euros (4.600 euros mensuels). Grâce à cette "carotte financière", la ministre espère recruter 200 "praticiens territoriaux de médecine générale".

"Mais l'argent ne suffit pas", rap­pelle le supplément économique du Figaro. Le gouvernement doit donc tenir compte des nouvelles aspirations des jeunes mé­decins : s'installer à proximité de leur lieu d'étude, travailler en équipe, et surtout avoir une vie sociale. Pour les attirer à la campagne, la ministre de la Santé veut notamment favoriser la création de maisons médicales, rassemblant généralistes et spécialistes.

Par ailleurs, dans la même page, Le Figaro-économie publie les résultats d'un sondage réalisé par l'Ifop pour le cabinet de conseil Jalma. Les résultats de cette enquête montrent que les dépassements d'honoraires ne sont pas la seule raison pour laquelle les Français renoncent à se soigner Pour 59 % d'entre eux, s'y ajoute la difficulté d'obtenir un rendez-vous rapidement, notamment chez un spécialiste. Les délais d'attente ont augmenté de quatre jours en moyenne en un an. Ils atteignent 48 jours pour un rendez-vous chez un spécialiste et sont deux fois plus longs à la campagne qu'à Paris, précise Le Figaro-économie. Les ophtalmologues "décrochent la palme" avec 104 jours d'attente en 2012 (contre 103 en 2011). Ces spécialistes ont tendance à déserter les régions où la population modeste ne peut pas faire face aux dépassements d'honoraires exigés, explique Le Figaro.

Cannabis : "La répression n'est pas protectrice"
L'Etat de Washington (Etats-Unis) vient de légaliser la consommation du cannabis et celui du Colorado s'apprête à le faire, annonce la "une" de Libération, sous le titre : "Yes, we cannabis". Et en France alors ?, interroge le quotidien (page 5). Les élus, à quelques exceptions près, notamment chez les Verts, ne veulent pas ouvrir le débat sur les drogues illégales. "Trop dangereux : cela obligerait à regarder la réalité en face, écrit Michel Henry, dans Libé. Celle d'une prohibition inefficace et coûteuse, qui n'empêche pas de hauts niveaux de consommation : les 15-24 ans sont les champions d'Europe du pétard."

"L'exemple français montre que la répression n'est pas protectrice", es­time pour sa part le Dr William Lowenstein, addictologue à la clinique Montevideo à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). "Ce n'est pas un message permissif ou répressif que l'on doit tenir, mais un message audible et crédible", affirme-t-il dans Libération (page 4). "Le THC (tétrahydocannabinil, la substance active du cannabis NDLR) n'est pas dangereux en soi, mais il a une forte capacité handicapante chez les jeunes. D'où l'importance de reculer l'âge des premières consommations", explique le Dr Lowenstein.

John Sutton