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Déserts médicaux : les candidats ont-ils des remèdes ?

Le retrait progressif des services publics dans certaines régions a peut-être contribué à l'augmentation du vote Front national. Si tel est le cas, estiment un certain nombre d'observateurs, la désertification médicale, en particulier, pourrait avoir une part de responsabilité dans le score de Marine Le Pen.

En se penchant sur cette possible corrélation, Le Monde (pages 2 et 3) note qu'effectivement "les départements comme les Alpes-Maritimes et la Corse, où certaines communes se trouvent à plus de 60 minutes d'un service médical d'urgence", sont les plus concernés par le vote FN, avec 24% des voix en moyenne.

Toutefois, nuance le quotidien, le lien entre déserts médicaux et vote FN "est à prendre avec précaution" puisque dans certains départements où l'accès aux soins est également problématique, la candidate a réalisé un faible score, parfois inférieur à celui du candidat du Front de gauche. C'est le cas de quelques départements de banlieue, ou dans une autre mesure des Alpes-de-Haute-Provence.

"Une chose est sûre, cependant : le sujet de l'accès aux soins préoccupe les Français, alors qu'il a peu fait débat dans la campagne", indique Le Monde. Il faut dire que "faute de clivage, le débat n'a pas pris" entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Tous deux, en effet, proposent de développer des "maisons de santé pluridisciplinaires, où médecins et professions paramédicales travaillent en groupe".

Alors que 230 sont déjà ouvertes sur le territoire, et que 450 sont en projet, Nicolas Sarkozy promet d'en créer 750 de plus. De son côté, sans en chiffrer la mise en œuvre, François Hollande propose de mettre en place des "pôles de santé de proximité", un moyen de garantir un "délai maximum d'une demi-heure pour accéder aux soins d'urgence".

Pour le président de la Mutualité Française, cité dans Le Monde, "toutes les solutions qui relèvent d'un exercice collectif sont une bonne chose". "Il faudrait toutefois, nuance Etienne Caniard, que le mode de rémunération évolue pour prendre en compte cette dimension".

De façon nuancée, mais sans jamais évoquer la contrainte, les deux candidats s'accordent aussi sur des aides publiques à l'installation des médecins dans les zones médicalement désertées. Le candidat de l'UMP compte sur des "bourses aux étudiants contre un engagement à pratiquer" dans ces zones au cours de leurs premières années d'exercice.

Celui du PS propose quant à lui "un plan d'aide pour les jeunes médecins", et envisage d'interdire l'installation des médecins de secteur 2 dans les zones sur-dotés. La possibilité de salarier certains médecins dans les zones négligées par les libéraux est également avancée. Une solution qui semble convenir à certains étudiants en fin d'études, telle Mélanie Badin, de Nîmes, qui accepterait volontiers ce statut "ici ou ailleurs, quitte à gagner moins".

Chômage : nouvelle hausse en mars
Pour le 11e mois d'affilée, le nombre de chômeurs a augmenté, souligne Le Figaro (page 21), qui indique qu'au mois de mars 16.600 nouveaux demandeurs d'emploi en catégorie A se sont inscrits à Pôle emploi, soit 2,5 fois plus qu'en février. Au total, cette catégorie représente près de 2, 9 millions de demandeurs d'emplois.

Si l'on tient compte du nombre de demandeurs ayant exercé une activité réduite dans le mois (catégories B et C), le chiffre global atteint alors 4 309 300, rapporte Libération (page 20).

Pour ce troisième mois de l'année, précise Le Parisien/Aujourd'hui (page 6), toutes les classes d'âge ont été concernées, "que ce soient les jeunes, les 25-49 ans ou les seniors". La situation de ces derniers est toutefois la plus préoccupante. Sur un an en effet, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a crû de + 15,6%.

Et la situation sur le front de l'emploi pourrait encore se dégrader. D'une part, les radiations sont reparties nettement à la hausse au mois de mars : + 6,7%. D'autre part, pronostique Le Pari­sien/Aujourd'hui s'appuyant sur une déclaration du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, plusieurs plans sociaux (notamment dans le secteur automobile) pourraient avoir été décalés après les élections.

Cette "atonie de l'emploi", comme la désignent Les Echos (page 5), risque d'avoir des conséquences directes sur les comptes de la Sécurité sociale. Au­jourd'hui, indique le quotidien économique, l'Acoss, l'organisme qui centra­lise les Urssaf, doit d'ailleurs examiner "les dernières prévisions d'évolution pour 2012 de la masse salariale, sur laquelle sont assises les cotisations", c'est-à-dire plus des deux-tiers des recettes. Pour le premier trimestre, l'Acoss prévoit une hausse limitée de la masse salariale à 2,5%, puis à 2,1% et 2,2% pour les deux trimestres suivants.

Pour rappel, le déficit du régime général de la Sécu a atteint 17,4 milliards d'euros en 2011. Pour cette année le gouvernement tablait sur un besoin de financement limité à 13,8 milliards, grâce à de nouveaux prélèvements (dont l'augmentation de la taxe sur les mutuelles) et à une progression des dépenses de santé limitée à 2,5%. Compte tenu de la progression défavorable de la masse salariale, cette estimation va devoir être révisée. La Commission des comptes de la Sécurité sociale fournira au mois de juin de nouvelles prévisions financières.
Frédéric Lavignette